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Belleville-en-Beaujolais

 

Edifice
Eglise Notre-Dame-de-l’Assomption, ancienne abbatiale
Situation
Centre village, 69220 (Rhône)
Parties Romanes
Nef, transept, clocher, choeur et absidioles
Décoration Trois portails, chapiteaux, consoles, bases de colonnes, arcatures, pilastres, modillons, fragments de peintures, sculptures déposées
Datation
1168-1179

 

 

Introduction - Historique - Description - Visite

 

Introduction

Belleville, située dans le Beaujolais entre Lyon et Mâcon, conserve une grande église romane tardive. L’église Notre-Dame est le seul vestige d’une abbaye de chanoines augustins fondée en 1158 par les seigneurs de Beaujeu. L’église, commencée en 1168 et consacrée en 1179, était à la fois abbatiale, paroissiale et nécropole des sires. Elle présente un style roman tardif où on retrouve en même temps des éléments du gothique naissant, du style de Cluny, de l’architecture de la vallée du Rhône et des portails influencés par le style du Brionnais. La grande nef, longue de neuf travées, a des voûtes d’ogives et une élévation à deux étages avec fenêtres hautes. Ses bas-côtés sont encore voûtés d’arêtes. Le transept saillant, où trois tours étaient prévues, s’ouvre sur des absidioles orientées. La haute tour sud, conservée, présente des baies à colonnettes. Le chœur, dont l’abside a été rehaussée à l’époque gothique, est également flanqué d’absidioles, complétant un plan bénédictin traditionnel. Le décor roman de l’église est intéressant. Il y a trois portails avec des colonnes à chapiteaux, dont deux qui sont presque identique au flanc sud. Les baies sont flanquées de colonnettes et cinq roses s’ouvrent dans les pignons et dans le chœur. L’abside est décorée d’arcatures sur pilastres décorés, comme à Avenas. Les chapiteaux polychromes des piliers présentent des scènes symboliques variées. En outre, les colonnettes sont sculptées de consoles rares dont le décor original et fruste montre des animaux, des musiciens et des monstres. De l’abbaye détruite on conserve quelques chapiteaux déposés provenant du cloître.

 

Chevet de l'église abbatiale

 

 

Historique

Le site, appelé Ludna à l’époque gallo-romaine puis Bellavilla au 11e siècle, était la seconde prévôté du Beaujolais. Humbert III, seigneur de Beaujeu, y fonda un prieuré de chanoines augustins en 1158. Le prieuré est élevé au rang d’abbaye en 1164 par Dreux, archevêque de Lyon. Trente chanoines augustins y sont gouvernés par l’abbé Étienne, ancien prieur de Saint-Irénée. La première pierre de la nouvelle église abbatiale, commencée par Humbert III, fut bénite en 1168 par Landric, le troisième abbé. L’abbatiale romane est consacrée à la Vierge en 1179. L’église, abbatiale et paroissiale, devient ensuite la nécropole des sires de Beaujeu : 15 princes y seront inhumés. L’église fut transformée en 1220-1230 par Humbert V. Un concile eut lieu à Belleville en 1269. Pendant les guerres de religion, en 1567, l'abbaye fut livrée aux flammes par les Huguenots, l'église fut pillée et mutilée et le cloître fut détruit. Le chapitre fut réuni à la Congrégation de France durant les années 1760. L’abbaye fut ravagée durant la Révolution et ses bâtiments ont été détruits. L’église devint temple de la raison puis grenier à foin. Le culte fut rétabli au 19e siècle et l'église a été classée Monument Historique en 1862. Des fouilles sont ménés sur l'emplacement du cloître en 2003. L’église est restaurée par l’Association des Amis de l’Abbatiale Notre Dame de Belleville en Beaujolais, notamment l'ensemble de l'extérieur en 2014-2017, suivi par l'intérieur.

 

Intérieur de la nef

 

 

Description

L’église, élevée durant les années 1170, adopte un plan bénédictin : une large nef de neuf travées avec bas-côtés, un transept saillant et un chœur terminé par une abside entre quatre absidioles échelonnées. Un haut clocher s’élève sur le croisillon sud. Celui sur le croisillon nord, brûlé par les Huguenots, a été refait. Il semble probable qu’un troisième clocher, jamais construit, était prévu sur la croisée, où on voit une base octogonale. La partie haute de l’abside a été reconstruite en style gothique au 14e siècle. Une chapelle gothique a été ajoutée au nord de la nef au 15e siècle. Une sacristie est ajoutée au sud du transept.

 

Plan de l'église

 

L’extérieur de l’église présente une longue masse horizontale. La façade ouest a un pignon avec contreforts, baies, portail et une belle rose décorée de rangs de billettes. Les fenêtres hautes de la nef sont flanquées de petites colonnettes avec chapiteaux sculptés de têtes. D’autres roses se trouvent dans les croisillons et dans le chœur. Le clocher sud présente deux étages de demi-colonnes et de baies, géminées au niveau supérieur, flanquées de colonnettes et de chapiteaux à crochets. Le clocher nord, inachevé et restauré, surmonte une belle rose avec billettes. Le chevet conserve des absidioles échelonnées romanes flanquant l’abside nettement plus haute.

 

Extérieur de l'église :
Ensemble
Nef
Baies
Baie
Façade ouest
Rose ouest
Tour nord
Rose nord
Chœur
Absidioles
Absidioles
Abside
Clocher
Clocher
Baies géminées
Baies géminées

 

L’église conserve trois portails romans. Le portail de la façade ouest se trouve dans un avant-corps décoré de modillons à masques sculptées de facture humaine et animale. Ses voussures décorées de damiers, fleurs, oves et tores retombent sur quatre colonnes octogonales ou cannelée savec chapiteaux sculptés de deux mascarons masculins vomissant du feuillage ou de feuillages. Deux petits portails, très semblables l'un à l'autre, donnaient accès au cloître de l’abbaye du côté sud de la nef. Leurs tympans, aux lobes développant des fleurons convergents en palmettes, ressemblent aux portails de Semur-en-Brionnais. Les portails ont des voussures aux oves et damiers et deux colonnes torsadées ou écaillées aux chapiteaux sculptés. Au premier portail, dans la deuxième travée, on rencontre des volutes végétales et pampres de vigne et une sirène à deux queues. Au deuxième portail dans la dernière travée, un masque avec rinceaux de feuillage et un motif végétal stylisé.

 

Les portails :
Portail ouest
Chapiteaux
Chapiteaux
Modillons
Premier portail sud
Tympan
Chapiteau
Sirène
Deuxième portail sud
Tympan
Masque
Chapiteau

 

L’intérieur est d’un style homogène. Les travées de la grande nef s’élèvent sur deux étages : grandes arcades brisées et fenêtres hautes. Les piliers cruciformes sont flanqués de colonnes engagées. Les voûtes d’ogives, suivant la nouvelle technique gothique, conservent trois clefs de voûte aux armes des Sires de Beaujeu dans les travées 6 à 8 qui ont été rehaussées au 15e siècle. Les bas-côtés ont des voûtes d’arêtes dont les arcs brisés retombent sur des pilastres simples. Le transept profond et les deux travées du chœur à deux étages avec baies et roses sont également voûtés d’ogives. Le chœur est flanqué par deux bas-côtés sous arêtes aux arcs brisés et par quatre absidioles dépourvues de décor. L’abside centrale, dont les fenêtres hautes et la clef de voûte sont gothiques, présente des arcatures romanes dans sa partie basse. Leurs baies ont été murées, mais leurs pilastres sont décorés de fleurs, d'entrelacs, de quadrillages et de raisins et surmontés de chapiteaux. Le décor peint de l’intérieur date du 19e siècle, mais un fragment de décor floral du 12e siècle est conservé dans la nef. Le dallage et les baies on été en partie refaits. Une croix de malte se retrouve dans le dallage de l'absidiole nord. Dans le chœur on remarque aussi une piscine gothique et le mobilier liturgique moderne.

 

Intérieur de l'église :
Nef
Elévation
Elévation
Piliers
Bas-côté
Bas-côté
Bas-côté
Bas-côté
Voûtes
Transept
Absidioles
Absidioles
Chœur
Abside
Arcatures
Pilastre et raisins

 

Le décor sculpté de l’intérieur est intéressant. Les piliers de la nef ont des chapiteaux et de petites consoles aux thèmes variés. On y trouve le bestiaire roman varié sans atteindre la qualité des grands ensembles bourguignons. La polychromie refaite au 19e siècle serait d’origine médiévale. Sur les chapiteaux de la nef, on admire des chevaliers brandissant leur épée, des aigles, un homme et un serpent, des atlantes aux bras tournés vers le ciel, des musiciens, des pommes de pin, des porcs couronnés, plusieurs têtes et cracheurs d'entrelacs végétaux, et de nombreux pampres de raisins. Sur les chapiteaux des pilastres de l’abside on trouve un orant, des raisins et des feuilles. Quelques bases de colonnes, impostes, clef de voûte et un bénitier ont également reçu un modeste décor végétal.

 

Chapiteaux sculptés :
Chevaliers
Atlantes
Aigles
 
Homme et serpent
Tête
Têtes et entrelacs
 
 
Orant
Décor végétal
Décor végétal
 

 

Sur les consoles de la nef, supportant les colonnes engagées sous les voûtes, on trouve des scènes symbolisant les vices et les vertus. Il y a un monstre avalant un personnage, un loup tenant dans sa gueule des végétaux, un homme empêtré dans la matière, le mensonge représenté par un homme se perçant la langue avec un couteau, deux oiseaux buvant au même calice, un sonneur de trompe, un musicien, un acrobate, une tête de taureau, des têtes de lions, un personnage dont la chevelure est courbée, une chèvre et plusieurs têtes et feuillages.

 

Consoles sculptées :
 
Mensonge
Monstre avalant un personnage
Acrobate
 
 
Oiseaux buvant au même calice
Sonneur de trompe
Musicien
 
Tête de taureau
Chèvre
Tête

 

L’abbaye, qui se trouvait du côté sud de l’église, a été entièrement détruite. Elle avait un cloître, une salle capitulaire, un cellier, une infirmerie, un dortoir, un moulin, un pressoir, un cimetière et une deuxième église. Quelques chapiteaux des 12e et 13e siècles, provenant du cloître, ont été déposés dans la nef de l’église, côté ouest. Un chapiteau géminé représente un animal fantastique. On y conserve également quelques fragments gothiques des tombeaux des sires de Beaujeu.

 

Fragments sculptés provenant du cloître :
 
Chapiteau déposé
Chapiteau déposé
Chapiteau déposé
 

 

Visite

L'église est ouverte à la visite.

Pour en savoir plus sur Belleville-en-Beaujolais, vous pouvez visiter les sites Internet suivants :

Site de la mairie : http://www.mairie-belleville.fr/.
Site Val de Saône : http://www.cc-beaujolaisvaldesaone.fr/.
Page Lieux Sacrés : http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/belleville__69_rhone_/index.html.
Page la France médiévale (extérieur): http://lafrancemedievale.blogspot.nl/2017/05/belleville-69-eglise-notre-dame-xiie.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+LaFranceMedievale+(LA+FRANCE+MEDIEVALE).
Page la France médiévale (intérieur): http://lafrancemedievale.blogspot.nl/2017/08/belleville-69-eglise-notre-dame-xiie.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+LaFranceMedievale+(LA+FRANCE+MEDIEVALE).
Page photos flickr : https://www.flickr.com/photos/art_roman_p/sets/72157651296868416/.
Page photos églises : http://photos-eglises.fr/RhoneAlpes/69/Belleville/belleville.htm.

Vous pouvez également consulter les références suivantes :

- Jacquemin L., Eglises Romanes du Lyonnais, Beaujolais et Viennois, La Taillanderie, 1995.
- Laffont R., Dictionnaire des églises de France : Bourgogne, Nivernais, Lyonnais, 1964.
- Lyonnais Savoie Roman, Zodiaque, 1990.


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