Le site sur l'Art Roman en Bourgogne
menu
-
-
-
-

 

Généralités sur l'Art Roman en Bourgogne

 

Cette page constitue la synthèse du site. Le but est de présenter quelques généralités sur l'architecture et la sculpture en Bourgogne pendant les phases successives de la période romane. Le patrimoine roman bourguignon est aussi riche que divers. On trouve un grand nombre de belles églises romanes qui ont toutes leurs propres caractéristiques concernant le plan, l’élévation, le voûtement et la décoration. Il est quand même possible de trouver de nombreuses similarités entre les édifices. Il est intéressant de classer ces églises en différents types en analysant les caractéristiques architecturales, le décor sculptural, l’époque de construction et la situation géographique. Je donne ici un petit aperçu chronologique de l’évolution de l’art religieux en Bourgogne, depuis les débuts de la Chrétienté en Gaule jusqu’au début de la période gothique. Je présente également différents types d’édifices en donnant leurs caractéristiques majeures et en évoquant les églises principales. Cet aperçu n’est pas exhaustif ; voir l’Inventaire pour tous les édifices romans. Vous pourriez consulter le Glossaire pour un lexique des termes utilisés.

 

Les débuts de l'art chrétien en Bourgogne
Les époques carolingienne et préromane
L'an 1000 et le premier art roman
Expériences et évolutions du 11e siècle
L'art et le rayonnement clunisiens
Vézelay et le groupe voûté d'arêtes
L'apogée du roman et le triomphe de la sculpture
L'ordre cistercien et l'architecture du silence
La période de transition et les débuts de l'art gothique

 

 

Les débuts de l'art chrétien en Bourgogne

La Bourgogne a toujours été un important carrefour de routes, reliant l’Ile de France et le nord au Midi et reliant l’Italie et les Alpes à l’ouest du pays. La région a joué un rôle assez important pendant la périodAuxerre, Saint-Germain, dalle-reliquairee gallo-romaine, en témoignent de nombreuses traces, surtout dans sa capitale antique Augustodunum. Le pays est christianisé depuis le deuxième siècle après J.-C. par des évangélisateurs venus de l’Orient. Le culte chrétien commence à se développer et c’est sur les lieux des martyres des premiers chrétiens que sont construits des tombeaux, des cimetières et des lieux de culte. Les communautés religieuses s’organisent et c’est au 4e siècle que les premiers évêchés sont fondés et que des cathédrales sont érigées à Auxerre, Autun, Chalon et Sens. La plus ancienne abbaye de la Bourgogne fut fondée en 425 à Moutiers-Saint-Jean. Celle de Saint-Germain d’Auxerre, fondée peu après, sera particulièrement prospère grâce à la vénération des reliques de l'évêque de la ville pendant le 5e siècle. Comme les édifices de ces époques lointaines étaient souvent construits en bois et ont été maintes fois détruits et reconstruits, il n’en reste rien à l’exception de quelques rares vestiges et objets dans les musées civils.

La période mérovingienne, de 481 à 751, concerne le règne des souverains francs descendants de Clovis. C’est une époque incertaine et difficile. Lentement on commence à construire des monastères, généralement sous la règle bénédictine, comme à Saulieu, Dijon, Tournus, La Charité, Nevers, Autun, Chalon, Saint-Seine-l'Abbaye ou Flavigny. Les évêchés de Nevers et de Mâcon sont fondés au 6e siècle et les villes principales commencent à prendre forme autour de leurs cathédrales et abbayes. Cette période a laissé peu de vestiges en Bourgogne et on nen sait pas beaucoup sur leur mode de construction. On peut mentionner les vestiges du baptistère de la cathédrale de Nevers, la crypte de Saint-Aré à Decize, le tombeau de Saint-Andoche à Saulieu, le site archéologique de la basilique funéraire de Saint-Clément à Mâcon et quelques vestiges à Alise-Sainte-Reine.

 

Les époques carolingienne et préromane

Auxerre, Saint-Germain, confessionL’époque carolingienne correspond à la période de règne des souverains francs de 751 à 987. Elle est troublée par des invasions de barbares, mais le système politique se stabilise. Pendant le 9e siècle on remarque une renaissance de l’art chrétien en France, combinant des formes antiques et Byzantines avec des innovations remarquables. L’architecture de cette période est caractérisée par l’existence de massifs occidentaux, par l’introduction des rotondes et couloirs de circulation autour des lieux saints et par la renaissance de la décoration. Aucune église de cette époque n’a été conservée entièrement en Bourgogne et souvent on n’en connaît le plan que par des fouilles. Les vestiges les plus importants sont sans doute les deux cryptes des abbatiales de Saint-Germain d’Auxerre et Saint-Pierre de Flavigny, qui présentent des structures comparables : couloir rectangulaire, autour d’un confessionnal central, prolongé par un sanctuaire avec rotonde orientale. A Auxerre, les fresques sont les plus anciennes de France, ce sont d'importantes expressions d’art carolingien. Les cryptes de Saint-Andoche de Saulieu et de Saint-Andoche d'Autun dateraient également de l'empire carolingien, comme la crypte et le chevet à cinq absides du prieuré de Couches. D’importantes abbayes sont fondées pendant l’époque carolingienne, par exemple à Vézelay, Anzy-le-Duc, Charlieu ou Perrecy, et plusieurs sites religieux profitent de l’arrivée de nombreuses reliques de saints vénérés. L’abbaye de Ferrières, aux confins de la Bourgogne dans le Gâtinais, atteint une grande prospérité à cette époque.

 

 

Images d'art carolingien :
Auxerre
Flavigny
Flavigny
Autun

 

Le dixième siècle est appelé la période préromane. Le style architectural annonce l’art roman en prolongeant les traditions carolingiennes. L’art ottonien des pays rhénans et l’influence de l’Italie se manifestent dans les compositions et décorations des édifices. Un berceau ou un simple plafond couvre les sanctuaires dont les murs sont construits en arête de poisson (ou opus spicatum), un petit appareil irrégulier. La plus importante église de cette époque n’existe plus : c’était Cluny II, la deuxième abbatiale de Cluny, construite dans la deuxième moitié du 10e siècle. Cette église présentait une nef voûtée, un clocher central et un choeur sur plan dit bénédictin avec absidioles échelonnées. Elle était précédée d’un narthex ou galilée, sorte de porche occidental qui devint aux siècles suivants une des propriétés de l’art roman bourguignon. Les parties basses du chœur de Saint-Philibert de Tournus seront encore de la même époque. Les bâtiments préromans survivants sont la petite chapelle Saint-Laurent de Tournus, l’intéressante église Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine qui conserve un westbau ou massif occidental, et l’église de Saint-Aubin avec son choeur remarquable à deux étages voûtés. D’autres églises et monastères antérieur à l'an 1000 avaient un narthex avec chapelle haute, comme à Saint-Marcel. Dans quelques églises rurales, on retrouve également des éléments de cette période : à Hauteville-lès-Dijon, à Fixey, à La Motte-Ternant ou à Saint-Clément-sur-Guye.

 

Eglises préromanes en Bourgogne :
 
Cluny II
Saint-Aubin
Châtillon
 
 
Hauteville
Tournus St-Philibert
Tournus St-Laurent
 

 

 

L'an 1000 et le premier art roman

L’art roman proprement dit commence à se développer à partir de l’an 1000. Une fois passée cette date longtemps considérée à tort comme apocalyptique et effrayante, une grande impulsion de construction marque la Bourgogne. Le religieux Raoul Glaber écrit en ce début du 11e siècle que la Bourgogne se couvre d’une blanDijon, Saint-Bénigne, reconstitutionche robe d’églises. Les techniques préromanes sont poursuivies mais accompagnées par de grandes innovations architecturales. Les murs sont construits en petits appareils plus ou moins réguliers et les espaces sont couverts par des voûtes en berceau ou encore par des plafonds en bois.
Ce premier art roman bourguignon est influencé par des maîtres et maçons lombards venant de l’Italie du Nord. L’art lombard nous a donné les petites arcatures ou lésènes allégeant les surfaces maçonnées des façades, des absides et des clochers. Ces bandes lombardes sont typiques du premier art roman, mais sont employées jusqu’au 12 siècle en Bourgogne. On les retrouve sur un grand nombre d’églises, surtout en Mâconnais : voir par exemple Tournus, Chapaize, Mazille, Châtillon, Bligny-lès-Beaune.
Deux églises majeures qui ont déterminé le premier art roman en Bourgogne n’existent plus. Cluny II, déjà mentionnée, a influencé plusieurs églises du 11e siècle à absides échelonnées, avec Anzy-le-Duc, Charlieu et Perrecy. Saint-Bénigne de Dijon, construite dans le premier quart du 11e siècle sous le maître italien Guillaume de Volpiano, était à l’époque probablement la plus importante église de Bourgogne. De l’ensemble avec narthex, cinq nefs, grand transept et une grande rotonde orientale construite sur trois étages, seule la crypte subsiste Tournus, Saint-Philibertaujourd’hui.
Le plus important édifice de cette période encore en place est Saint-Philibert de Tournus. L’abbatiale est en grande partie du début du 11e siècle et est remarquable par son grand narthex à deux étages, sa nef à hauts piliers ronds, sa crypte avec déambulatoire à chapelles rectangulaires et son décor à bandes lombardes. Avec Cluny II, elle a largement déterminé l’art roman du 11e siècle en Bourgogne du sud. Chapaize présente un cas intéressant, combinant les grands piliers ronds tournusiens et des impostes triangulaires. L'ancienne cathédrale de Mâcon conserve un massif occidental à deux clochers octogonaux qui donne une idée d'une cathédrale de cette époque. Quelques petites églises du premier art roman sont à voir dans cette région à Massy, Saint-Vincent-dès-Prés, Laizé et au Villars. Les nefs plafonnées des priorales de Perrecy et de Bourbon-Lancy rapellent encore le style carolingien.
En même temps, dans le nord de la Bourgogne, l’architecture commence à se développer, mais un petit peu plus lentement. Les vestiges des cathédrales d’Auxerre et de Nevers montrent des constructions bien soignées de la première moitié du 11e siècle : une belle crypte voûtée avec déambulatoire et un curieux chœur occidental surmontant une crypte. Les églises priorales de Combertault et de Salmaise datent aussi du début du 11e siècle, comme quelques petites églises du Dijonnais, par exemple, Saint-Apollinaire et Sennecey-lès-Dijon.
Les premières sculptures romanes datent également de cette période. La sculpture, concentrée sur les chapiteaux, est dérivée de modèles antiques. Elle est encore rare et incertaine. C’est surtout un répertoire végétal qu’on peut trouver à Dijon, à Tournus ou à Flavigny. Quelques rares figures humaines et orants, sculptés de façon primitive en très faible relief y marquent les prémices de la grande sculpture bourguignonne.

 

Images du premier art roman :
Dijon
Dijon
Tournus
Tournus
Chapaize
Chapaize
Mâcon
St-Vincent-des-Prés
Massy
Perrecy
Auxerre
Combertault

 

Expériences et évolutions du 11e siècle

Au cours du 11e siècle, l’art roman se développe rapidement. Les maîtres d’œuvre ont recherché les façons de bâtir et ont expérimenté des solutions variées pour l’élévation et le voûtement. Les questions principales à résoudre étaient comment soutenir une voûte maçonnée en hauteur et comment éclairer suffisamment l’espace de la nef. Les objectifs opposés de solidité et de lumiNevers, Saint-Etiennenosité imposent des compromis et impliquent des innovations architecturales.
Les architectes du 11e siècle ont surtout expérimenté avec les voûtes. Les premières voûtes en pierre sur les nefs sont en berceau, faciles à construire mais elles déchargent de grandes forces sur les murs latéraux. Dans la deuxième moitié du 11e siècle, plusieurs alternatives ont été utilisées. La nef de Tournus est couverte par une série de berceaux transversaux soutenus par des arcs diaphragmes, solution distribuant les forces et permettant l’ouverture de grandes baies. Cependant, cette solution n’a pas fait école : elle est seulement reprise au Mont-Saint-Vincent. A la fin du siècle, deux autres solutions sont inventées pour couvrir les nefs qui marqueront la gloire de l’architecture bourguignonne : la voûte en berceau brisé et la voûte d’arêtes. Elles sont traitées dans les deux chapitres suivants.
La plus grande église de Bourgogne de cette période est Saint-Etienne de Nevers. C’est une église prieurale tout à fait originale, la première grande église dont la nef est construite sur trois étages. Datant du dernier tiers du 11e siècle, elle possède une tribune ouverte et un étage de baies sous une haute voûte en berceau. Le chœur est entouré d’un déambulatoire à chapelles rayonnantes. La tribune et le transept à arcs diaphragmes sont des éléments plutôt auvergnats qui n’ont pas fait école en Bourgogne. Les parties basses du transept de la grande basilique de La Charité, avec deux étages d’arcades en plein cintre et absides orientées, sont également de la deuxième moitié du 11e siècle.
Le narthex à deux étages de Paray et la priorale de Bourbon-Lancy, avec sa nef plaffonnée et son chœur bénédictin, sont d'autres constructions importantes de la deuxième moitié du 11e siècle. Les églises rurales de cette époque sont très différentes, voir par exemple Uchizy, Farges, Laives, Sennecey, Cosne et les chœurs de Champvoux, Jailly et Châtel-Censoir en Nivernais. En Autunois, les églises ruales du 11e siècle ont des absides en hémicycle englobées dans des massifs rectangulaires à chevet plat, à Curgy, à Mesvres, à Chassy, à La Tagnière, à Dezize et à Torcy. Puis, à la fin du siècle, quelques belles églises romanes voûtées en berceau sont construites en Brionnais, à Iguerande et à Saint-Germain. L’appareil devient de plus en plus régulier et soigné. En même temps, la sculpture romane entre dans une nouvelle phase. La figure humaine et les animaux font leur apparition sur les chapiteaux, par exemple à Châtel-Censoir, Lucy-sur-Yonne ou Saint-Cydroine. Puis à la fin du 11e siècle, les premiers chapiteaux et tympans sont historiés en Bourgogne du sud : voir le chapitre ci-dessous. La grande période du roman bourguignon a commencé.

 

Eglises romanes du 11e siècle :
Tournus
Mont-Saint-Vincent
Nevers
Sennecey
Iguerande
Bourbon-Lancy
Saint-Cydroine
Châtel-Censoir

 

 

L'art et le rayonnement clunisiens

L’influence spirituelle et artistique de l’ordre de Cluny a été énorme en Bourgogne, en France et bien plus loin encore. L’abbaye bénédictine a été fondée en 910 dans la vallée de la Grosne en Bourgogne du sud. Sous l’abbatiat d’illustres personnages, elle atteint un grand rayonnement aux 10e et 11e siècles pour arriver à son apogée au 12e siècle. Les abbés tels que Mayeul, Odilon et surtout Hugues de Semur font de l’abbaye un centre religieux indépendant qui fut le plus grand du Moyen Age après la papauté de Rome. Le monastère est gigantesque et l'organisation et la gouvernance monastique sont révolutionnaires. L’abbaye règne sur un grand nombre de monastères réduits au rang de prieurés dans toute l’Europe occidentale. Les principales dépendances en Bourgogne sont les abbayes de La Charité, Paray, Charlieu et Saint-Germain d'Auxerre.
Bien que l’église dite Cluny II eut déjà son importance aux 10e et 11e siècles, c’est avec la construction de Cluny III que l’art clunisien connut son apogée. De 1088 à 1130, le chantier de la nouvelle abbatiale érigeait la plus importante des églises romanes de Bourgogne et la plus grande église du monde médiéval. C’était un édifice énorme et splendide, avec un grand narthex, cinq nefs, un double transept et un chœur à déambulatoire et chapelles, le tout couronné par six clochers puissants. Autour de l’église, les bâtiments abbatiaux constituent une cité monastique dans la ville.
Bien que Cluny III ait été en majeure partie détruite, on retrouve son art partout en Bourgogne. Bien que moins grande que l’abbaye mère, les cathédrales d'Autun et de Chalon, les basiliques de Beaune et Paray, la collégiale de Semur, Saint-Andoche de Saulieu et l'abbatiale de La Charité sont parmi les plus importantes églises de la Bourgogne romane. Ces édifices datent en général de la première moitié du 12e siècle et montrent l’art clunisien dans toute sa splendeur, reprenant les principaux modes de construction de Cluny III. Les hautes nefs sont vParay-le-Monialoûtées de berceaux brisés soutenus par des doubleaux, importante innovation bourguignonne, très solide et permettant une haute élévation des murs. L’élévation en trois étages est typiquement clunisienne, avec entre les grandes arcades et les fenêtres hautes, un triforium composé d’arcatures aveugles sur pilastres. Le transept, de la même hauteur que la nef, est couronné par un clocher central surmontant la coupole. Le chœur est entouré par un déambulatoire à chapelles rayonnantes, à Paray, Beaune, La Charité, Tournus et Saint-Révérien. A Autun et Paray un narthex occidental surmonté de clochers précède la nef. A Chalon, l'ancienne cathédrale ne conserve que les parties basses de l'édifice roman. L’art clunisien emprunte quelques éléments de l’art romain, en particulier les chapiteaux corinthiens et les pilastres cannelés, célèbres surtout à Autun. Dans l’Autunois, beaucoup d'églises romanes rurales présentent également des pilastres cannelés ou des voûtes en berceau brisé à l'intérieur, comme Laizy, Dezize-lès-Maranges, La Rochepot, Saisy, Auxy et Saint-Emiland.
Dans l’ombre des grandes basiliques, beaucoup d’églises rurales de la fin du 11e et du 12e siècle ont été influencées par l’art de Cluny. Ce sont souvent des prieurés clunisiens, surtout nombreux en Clunisois et en Mâconnais, mais présentes dans toute la Bourgogne. Elles montrent l’appareil particulièrement soigné, l’organisation de l’espace et le berceau brisé sur la nef, éléments typiquement clunisiens. Exemples de prieurés clunisiens : Le Puley, Baume, Mars-sur-Allier, Donzy-le-Pré et Saint-Révérien. On trouve aussi des doyennés de l'abbaye, des dépendances monastiques rurales souvent fortifiées, comme à Malay, Bezornay, Saint-Hippolyte, Mazille et Chazelle. Les églises paroissiales du Clunisois adoptent également la construction très soignée en petits moellons de calcaire, comme à Brancion. Les clochers du Clunisois sont souvent élancés sur plusieurs étages de bandes lombardes et de baies géminées, comme à Chissey, Ougy ou Taizé.
La sculpture à Cluny aux environs de 1100 a joué un grand rôle dans le développement de la sculpture romane en Bourgogne. Le grand portail de Cluny III n’existe plus, mais les célèbres chapiteaux conservés du chœur montrent un art en plein épanouissement : voir ci-dessous. La peinture clunisienne est en grande partie perdue, à l’exception des fresques précieuses de Berzé-la-Ville, au Christ en majesté de couleurs chaudes et d’influence Byzantine.

 

La grande architecture clunisienne :
Cluny
Paray
Autun
Beaune
Saulieu
La Charité
Semur
Berzé-la-Ville

 

 

Vézelay et le groupe voûté d'arêtes

Anzy-le-DucA la fin du 11e siècle et au cours du 12e siècle, un type d’église typiquement bourguignonne se caractérise par des nefs à deux étages sous voûtes d’arêtes. La voûte d’arêtes, depuis longtemps utilisée pour les bas-côtés, est employée sur la nef centrale, assurant la stabilité et permettant facilement un éclairage direct de l’espace. Le chœur est généralement composé de trois absides, rythmées d’arcatures sur colonnettes à l’intérieur. Toutes ces églises appartiennent à l’ancien diocèse d’Autun. La première église de ce type, alors dit aussi martinienne, était peut-être l’abbatiale Saint-Martin d’Autun, aujourd’hui détruite. Le prototype en est Anzy-le-Duc en Brionnais. Sa belle nef de la fin du 11e siècle est couverte par des arêtes séparées par des arcs doubleaux en plein cintre et supportée par des piliers cruciformes flanqués de colonnes engagées. D’autres églises de ce type en Charolais et en Autunois sont celles de Bragny-en-Charollais, Issy-l’Evêque et Sémelay. Deux églises particulièrement originales combinent vers 1100 le voûtement d’arêtes avec l’élévation tripartite clunisienne : à Gourdon et Toulon-sur-Arroux, un étage intermédiaire d’arcatures doubles sépare les grandes arcades et les fenêtres hautes de la nef.
La grande nef de la basilique de Vézelay, construite en 1120-1140, est d’autres dimensions mais reprend ce modèle issu de la Bourgogne du sud. Les hautes travées sont couvertes d’arêtes de plan barlong, supportées par des arcs doubleaux bicolores. Des cordons et arcs formerets décorés rythment la séquence des dix travées de la nef, un des chefs-d’œuvre de l’art roman. Le grand narthex de trois travées qui la précède, datant des années 1140-1150, emploie déjà l'arc brisé. On y trouve l'influence des grands narthex de la Bourgogne du sud.
On trouve d’autres édifices de ce type en Avallonnais, érigés plus tard au 12e siècle et montrant quelques innovations architecturales. A Saint-Lazare d’Avallon, les arcades et doubleaux de la nef sont de profil brisé et la voûte est montée de façon dite cupiliforme (sorte d’arête construite comme une coupole). Saint-Martin-du-Bourg d'Avallon, Pontaubert et Sacy présentent des architectures comparables. Je mentionne enfin Saint-Philibert de Dijon et l’église de Chagny qui combinent les arcs de profil brisé et un étage intermédiaire constitué d’une simple ouverture.

 

Les églises voûtées d'arêtes :
Anzy-le-Duc
Gourdon
Toulon-sur-Arroux
Issy-l'Evêque
Vézelay
Avallon
Pontaubert
Dijon

 

 

L'apogée du roman et le triomphe de la sculpture

La première moitié du 12e siècle marque l’apogée de l’art roman en Bourgogne comme en France. C’est une période prospère, les villes de Bourgogne profitent de l’affluence des pèlerins vénérant les saints locaux ou en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1146, la seconde croisade commence à Vézelay. Les nombreuses églises de cette période ont des plans développés, des architectures recherchées et des sculptures de qualité. Les murs sont construits en moyen appareil régulier et soigné.Les églises clunisiennes et celles voûtées d’arêtes marquent encore le type architectural commun à cette époque, mais les innovations se répandent rapidement. Les espaces intérieurs et extérieurs sont de plus en plus décorés d’arcatures, de colonnettes, de frises ou de sculptures. Le Brionnais, dans la Bourgogne du Sud, est un foyer d'innovation architecturale sans égale. On y trouve des églises aux plans développés, tympans sculptés, voûtements variés et extérieurs décorés, comme Bois-Sainte-Marie, Châteauneuf ou Varenne-l'Arconce. Les clochers se décorent de plusieurs étages de baies, colonnettes et arcatures, comme à Saint-Laurent-en-Brionnais, Vareilles et Varenne. Les narthex à deux étages de Perrecy et de Charlieu, et celui de la cathédrale de Mâcon, sont abondamment décorés. Des déambulatoires entourent les absides à Bois-Sainte-Marie et à Saint-Révérien. Les clochers de Tournus sont décorés de statue-colonnes et à La Charité on arrive même au point que l'extérieur est entièrement décoré de statues, d'arcatures et de frises.

 

Floraison de l'architecture décorée :
Châteauneuf
Varenne-l'Arconce
Bois-Sainte-Marie
Saint-Révérien
Charlieu
Perrecy
Tournus
La Charité

 

C’est également la grande période de la sculpture romane bourguignonne. Un monde plein de mystères, de monstres, d’animaux fabuleux, de personnages fantastiques, d’anges et de saints. La sculpture monumentale, quVézelayi s’exprime surtout sur les chapiteaux, commence à la fin du 11e siècle en Brionnais. Il s’agit, au début, surtout de chapiteaux à feuillages. Les chapiteaux d’Anzy-le-Duc constituent un premier ensemble remarquable et homogène d’animaux fantastiques et de scènes bibliques. Ils ont beaucoup de points communs avec les chapiteaux contemporains de Charlieu, Bois-Sainte-Marie, Mont-Saint-Vincent et Gourdon. Puis cet art initial s’est perfectionné à Cluny. Vers 1100 les chapiteaux du chœur de Cluny III sont les premières grandes œuvres historiées, avec leurs vertus et tons du plein-chant, sculptés en ronde-bosse et en haut-relief. Ils ont influencé les plus merveilleux ensembles de chapiteaux romans de Bourgogne : Vézelay, Autun et Saulieu. La sculpture historiée des chapiteaux y atteint, dans le deuxième quart du 12e siècle, une grande qualité et diversité. Les maîtres de Vézelay, dont l’art est plein de vie et de mouvement, marquent encore l’influence du Brionnais. Dans la cathédrale d’Autun, c’est le génie de Gislebertus qui a créé les célèbres monstres et démons sur les nombreuses scènes bibliques. Aux chapiteaux de Saint-Andoche de Saulieu, un peu plus jeunes, cet art atteint la perfection dans des scènes très expressives. Dans la Nièvre, la qualité de la sculpture romane du 12e siècle de l’abbatiale de La Charité se manifeste sur des centaines de chapiteaux, à l’intérieur comme à l’extérieur. Un grand nombre d’églises plus modestes, souvent des prieurales, sont dotées de chapiteaux sculptés au 12e siècle. Il y a des milliers de chapiteaux en définitive, influencés par les grands chantiers de l’époque. On peut voir les exemples d’importants ensembles de chapiteaux historiés à la cathédrale de Chalon, à Beaune, dans le narthex de Perrecy, à Laizy, dans le chœur de Saint-Révérien, à Saint-Pierre-le-Moûtier, à Garchizy, à La Rochepot et à Bussy-le-Grand. D'autres ensembles de chapiteaux plutôt fantastiques et végétaux sont également visibles à Chissey, Varenne-l'Arconce, Iguerande, Saint-Laurent-en-Brionnais, Saint-Parize, Sémelay, Mars-sur-Allier, Commagny et Til-Châtel.

 

Quelques chapiteaux romans bourguignons :
Anzy-le-Duc
Bois-Sainte-Marie
Perrecy
Cluny
Vézelay
Autun
Saulieu
Saint-Révérien
Chalon
Beaune
Laizy
La Rochepot

 

VézelayEn même temps, la décoration des portails marque une évolution comparable. Les premiers tympans sont sculptés à la fin du 11e siècle en Bourgogne du sud : au portail ouest de Charlieu, au linteau de Châteauneuf, à Perrecy et au Mont-Saint-Vincent. On y trouve le thème de l'Ascension, avec le Christ en majesté, encore statique dans sa mandorle, et les apôtres emprisonnés dans des arcatures. Les tympans d’Anzy-le-Duc et de Montceaux-l’Etoile montrent l’évolution de la sculpture au début du 12e siècle ; le Christ trône, les apôtres marchent, les anges dansent. C’est encore par le Brionnais que cet art arrive à Cluny, où le grand portail du narthex n’existe plus de nos jours. Sculpté vers 1110-1115, c’était sans doute un important chef-d’œuvre, doté de scènes de l’Apocalypse autour du Christ en Majesté. Le tympan original de Mâcon, scupté vers 1120, présente une Ascenscion entourée de cinq registres du Jugement Dernier. Entre 1125 et 1135, les deux « sommets » de la sculpture romane bourguignonne sont créés : les portails des narthex de Vézelay et d’Autun. Leurs tympans sont deux mondes très différents, peuplés de personnages autour de la grande figure du Christ, entourés de voussures avec les travaux des mois et les signes du Zodiaque. A Vézelay, le Christ envoie les apôtres à la Pentecôte, les figures sont pleines de grâce et de mouvement. A Autun, c’est le Jugement Dernier d’après Gislebertus, avec de nombreux saints de forme allongée et l’affreux monde de l’enfer. L’Eve conservée du portail latéral est particulièrement gracieuse. Deux tympans à La Charité sont d'un style tout à fait différent et montrent des liens avec le Berry. Dans le Brionnais, plusieurs tympans romans sont à visiter, représentant souvent l’Ascension du Christ entouré d’anges. Les étranges portails du prieuré d’Anzy-le-Duc et de Neuilly-en-Donjon, l’Adoration des Mages et de la tentation d’Adam et Eve, sont influencés par la sculpture autunoise. Les portails tardifs de Charlieu et Saint-Julien-de-Jonzy, décorés vers 1150, marquent une nouvelle étape par le mouvement des personnages et la décoration abondante des voussures. Le musée de Dijon conserve deux tympans de style roman tardif figurant la Cène et le Christ en Majesté. D’autres remarquables tympans romans sont à voir dans des nombreuses églises à : Semur, Fleury-la-Montagne, Donzy-le-Pré, Mars-sur-Allier, Cervon, Til-Châtel et St-Sauveur de Nevers. Les thèmes sont variés, mais le plus souvent on y rencontre le Christ en gloire entouré du tétramorphe des quatre Evangélistes.

 

Les tympans sculptés :
Vézelay
Autun
La Charité
Charlieu
Perrecy
Montceaux-l'Etoile
Anzy-le-Duc
Saint-Julien-de-Jonzy
Mâcon
Dijon
Donzy-le-Pré
Mars-sur-Allier

 

La sculpture romane ne se limite plus aux chapiteaux et portails. Surtout quand on avance dans le 12e siècle, on rencontre des sculptures partout, à l’intérieur comme à l’extérieur : base des colonnes, modillons des corniches, encadrements des baies et frises. Notre-Dame de La Charité en est l’exemple le plus richement décoré. Il faut mentionner aussi quelques reliefs conservés décorant le mobilier : le remarquable autel sculpté d'Avenas, le bas-relief de Saint-Amour-Bellevue et le tombeau sculpté de Sainte-Magnance.

Reliefs sculptés :
 
Avenas
Saint-Amour
Sainte-Magnance
 

 

Puis encore, l’art décoratif de l’époque romane ne se limite pas à la sculpture. Les fresques décorent à l’origine les murs et voûtes intérieurs des grandes églises, mais bien souvent, de nos jours, le décor peint est détruit. Outre les fresques clunisiennes de Berzé-la-Ville, on admire d’importants ensembles de fresques romanes dans la crypte de la cathédrale d’Auxerre et dans les chœurs d’Anzy-le-Duc et de Gourdon. D’autres fresques d’époque romane sont à voir à Tournus, à Nevers, à Mâcon, à Burnand, à Curgy, au Villars, à Combertault, à Sussey et à Moutiers. Dans les culs-de-fours, c’est le Christ en gloire entre les symboles des Evangélistes qui est toujours le sujet préféré. Le pavement du déambulatoire de Tournus est un exemple unique de la mosaïque romane en Bourgogne.

 

Les fresques romanes :
Auxerre
Anzy-le-Duc
Gourdon
Tournus
Burnand
Curgy
Le Villars
Mâcon

 

 

L'ordre cistercien et l'architecture du silence

L’ordre cistercien est né en 1098 avec la fondation de l’abbaye de Cîteaux. Avec l’impulsion de Saint-Bernard l’ordre atteint une grande prospérité au 12e siècle. Les cisterciens fondent de nombreux monastères, dans toute l’Europe. Après Cluny, c’est le deuxième grand ordre religieux médiéval originaire de Bourgogne. FontenayL’ordre se manifeste contre le faste clunisien, contre le luxe dans la vie monastique, contre les sculptures abondantes des églises. Les cisterciens veulent retourner aux origines de la vie monastique, aux principes de l’ordre bénédictin : ora et labora, la prière et le travail. Leurs abbayes sont toujours situées loin des villes, dans des lieux à l’écart, entourés par la nature. Les moines cisterciens cultivent les terres de Bourgogne et produisent même du vin. En outre, les moines font fleurir l’art du manuscrit et de l’enluminure.
Les principes se traduisent dans l’architecture : austérité, simplicité, nudité. Les églises sont grandes, mais n’ont pas la haute élévation ou le déambulatoire des clunisiens et les clochers sont interdits. Les formes du plan sont rectangulaires, des chevets plats ferment le chœur sans profondeur et les chapelles carrées s’ouvrent sur le transept. La longue nef, voûtée en berceau brisé, n’a pas d’éclairage direct. La sculpture est presque totalement absente dans les bâtiments cisterciens, les chapiteaux s’ornent de motifs végétaux simples. Les cisterciens construisent des monastères selon un plan développé, avec tous les bâtiments monastiques groupés autour du cloître. Ces bâtiments sont souvent construits sur deux étages et entièrement voûtés. Toutes les abbayes de l’ordre reproduisent le même plan à l’origine, bien que le temps l’ait souvent changé.
L’abbaye mère de Cîteaux a été en majeure partie détruite à la Révolution, mais de nombreux monastères cisterciens sont encore à visiter en Bourgogne. La plus belle et la plus complète est l’abbaye de Fontenay. Elle conserve presque totalement intacts ses bâtiments d’origine sur le plan originel. L’abbatiale des années 1140 est le prototype des premières églises cisterciennes. Le magnifique cloître et la forge unique sont à voir absolument. De l’abbaye de Pontigny, l’une des quatre ‘filles aînées’ de Cîteaux, presque seule l’abbatiale a été conservée. C’est une immense église, montrant le développement de l’art cistercien au cours du 12e siècle et les innovations gothiques. L’abbatiale de La Bénisson-Dieu, à l’extême sud de la Bourgogne, présente une longue nef avec piliers carrés et voûtes d’ogives. L’abbaye de La Bussière conserve encore son église romane, tandis que le fameux Clos de Vougeot est à l'origine un cellier cistercien. D’autres abbayes sont à visiter mais ne conservent souvent qu’une partie mineure de leurs bâtiments d’origine, rasés par les outrages du temps : Bourras-l'Abbaye, La Ferté, Le Miroir, Maizières, Les Echarlis, Reigny, Vauluisant ou Quincy. Des anciennes granges cisterciennes sont à visiter à Oudun, présentant une vaste salle voûtée, à Crécy, ou à Villiers-la-Grange, conservant une citerne souterraine. Des celliers du 12e siècle sont à voir à Vincelottes, à Fixin, ou au cellier de Clairvaux à Dijon.


L'art cistercien en Bourgogne :
 
plan-type
Fontenay
Pontigny
 
 
La Bussière
La Bénisson-Dieu
Oudun
 

 

Après les cisterciens, d'autres ordres religieux s'installent sur les terres de Bourgogne. L'ordre Grandmontain possédait un certain nombre de prieurés, dont le plus beau est celui de Sauvigny-le-Bois. Les Templiers ont laissé plusieurs chapelles et commanderies, surtout dans la Côte-d'Or, comme à Bure-les-Templiers et à Echarnant, et aussi ailleurs comme à Villemoison. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ont fondé quelques commanderies et hôpitaux, voir Pontaubert. L'ordre de Saint-Augustin, plus ancien, a également construit plusieurs prieurés et établissements, dont Belleville, Bouilland, Bonvaux, Oigny, La Grange-du-Bois, Saint-Sernin-du-Bois et Saint-Germain-en-Brionnais.

 

Autres ordres religieux :
Sauvigny-le-Bois
Echarnant
Saint-Germain-en-Brionnais
La Grange-du-Bois

 

 

 

La période de transition et les débuts de l'art gothique

PontignyLa deuxième moitié du 12e siècle est le dernier épisode de l’art roman et marque les débuts de l’art gothique. Cette période dite de transition se caractérise par des innovations architecturales importantes. Les arcs brisés et la nouvelle voûte d’ogive permettent des constructions plus hautes et plus légères. La Bourgogne a joué un rôle important dans la naissance du nouvel art gothique. La voûte d’ogive est une innovation bourguignonne, dérivée de la voûte d’arêtes. Les cisterciens l’emploient tôt et leur expansion aide à disperser les nouvelles techniques.
La cathédrale de Sens, dont le chantier débute vers 1135-1140, est considérée comme la première cathédrale gothique. Cependant, pendant tout le 12 siècle, des églises encore proprement romanes seront construites en Bourgogne. Le développement de l’art de bâtir dépend en grande partie de la région et des traditions rurales. Dans l’Yonne, les nouvelles formes du style de transition se répandent rapidement. L’église de Montreál est un bon exemple du style de transition et la nef de Pontigny marque des innovations apportées par les cisterciens au milieu du 12e siècle. A la fin du 12e siècle, les chœurs de Vézelay et de Pontigny sont déjà proprement gothiques. En Bourgogne du sud, l’art gothique fait son entrée plus lentement. La nef de l'abbatiale augustine de Belleville en Beaujolais, par contre, a déjà été voûtée d'ogives vers 1175. Des belles églises romanes tardives du 12e siècle sont celles de Til-Châtel, Bazarnes, Saint-Cyr-les-Colons, Rouy et Bar-le-Régulier. Des églises de la fin du 12e siècle ou du début du 13e siècle, dont le style est déjà en partie et gothique, sont celles de Saint-Loup-de-la-Salle, Santenay, Chaudenay, Quenne ou Chagny. En milieu rural, on rencontre encore des églises dans le style roman en plein 13e siècle, comme à Saint-Albain ou Nuits-Saint-Georges.

 

 

L'art roman tardif :
Montréal
Saint-Cyr-les-Colons
Bazarnes
Belleville
Til-Châtel
Saint-Albain
Sens
Quenne

 

Cette période marque une décoration architecturale abondante dans l’art roman. Les arcatures et colonnettes allègent les murs intérieurs et extérieurs et les clochers. A La Charité, des arcatures polylobées font leur apparition. On les retrouve à Auxerre et à Parly. Dans l’Yonne, un groupe de clochers montre des baies à colonnettes sur plusieurs étages, couronnées par une partie octogonale et une pyramide de pierre : Saint-Germain et Saint-Eusèbe d’Auxerre, Vermenton et Prégilbert.

 

Les clochers de l'Yonne :
Auxerre
Auxerre
Vermenton
Prégilbert

 

La sculpture romane entre dans sa dernière période également. Elle devient de plus en plus dynamique et riche en détails. Les feuillages des chapiteaux s'ornent de crochets et les colonnes sont torsadées ou tournées. Dans le nord de la Bourgogne, on trouve des décorations abondantes sur plusieurs portails de la seconde moitié du 12e siècle. Saint-Lazare d’Avallon et Vermenton ont des tympans mutilés, mais des voussures particulièrement riches et des statues-colonnes aux piédroits rappelant Chartres. On y trouve également l’influence de Charlieu, comme aux portails de Saint-Philibert de Dijon et de Parly, qui appartiennent au même type. Dans le Nivernais, le tympan de Saint-Pierre-le-Moûtier est le dernier des portails romans.

 

Les derniers portails romans :
Avallon
Vermenton
Parly
Dijon

 

 

Références

Voir la page Bibliographie.

 

[haut de page] [accueil] [e-mail]