Le site sur l'Art Roman en Bourgogne
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Laives

 

Edifice
Eglise Saint-Martin, ancienne priorale
Situation
Sur une colline dominant le village et le bourg de Sennecey, 71240 (Saône-et-Loire)
Parties Romanes
Nef, bas-côtés, transept, clocher, chœur, abside et absidiole sud
Décoration Bandes lombardes de la nef et de l'abside
Datation
Début du 11e siècle (1010-1020)

 

 

Introduction - Historique - Description - Visite

 

Introduction

Saint-Martin de Laives se trouve isolée sur une butte dominant l’autoroute du Soleil et le bourg de Sennecey-le-Grand, au nord de Tournus. C’est une ancienne priorale désaffectée qui dépendait du monastère de Saint-Pierre de Chalon, comme celle de Chapaize. L’église, commencée au début du 11e siècle et contemporaine de Tournus, a subi de nombreux remaniements à l’époque gothique. Le plan présente une nef de trois travées flanquée de bas-côtés, un transept à l’origine non saillant, une travée de chœur, une abside et deux absidioles. A l’extérieur, on retrouve les bandes lombardes du premier art roman, bien conservées sur le mur nord de la nef et sur l’abside centrale, mais effacées sur le mur sud et sur la grande façade. Le haut clocher central date également du 11e siècle, mais ses ouvertures centrales ont été refaites à l’époque gothique. A l’intérieur, les arcs en plein cintre et les murs massifs présentent un style sobre et dépouillé. La haute coupole-lanterne sur trompes de la croisée du transept est d’origine. Les bas-côtés et les croisillons du transept sont voûtés d’arêtes sur doubleaux. La travée de chœur en berceau s’ouvre sur les trois absides remaniées à l’époque gothique. Quatre chapelles gothiques ont été ajoutées à l’édifice aux 15e et 16e siècles, remplaçant les absidioles romanes et prolongeant les croisillons du transept.

 

Saint-Martin de Laives

 

Historique

Le site du Mont Saint-Martin est fort ancien puisque des vestiges préhistoriques et gallo-romains y ont été découverts et que la tradition y situe un temple celtique, puis un temple et un castrum romains. Une chapelle dédiée à Saint-Martin y fut construite après la christianisation, à une époque inconnue. L’église fut mentionnée en 894 dans une charte du roi Eudes de France qui en confirme la propriété à l’évêché de Nevers. Un village appelé Villa Montis se situait alors sur cette colline. Un prieuré bénédictin y est ensuite fondé, mentionné dès 1142 et dépendant de l’abbaye Saint-Pierre de Chalon. Le prieuré devint un sous-fief des barons de Sennecey en 1275. L’église devint paroissiale au 15e siècle après le départ des moines et appartint au diocèse de Chalon. Les bâtiments monastiques situés au sud de l’église sont remplacés en 1657 par une sacristie plus petite, détruite en 1866. L’église devint un temple de la Raison à la Révolution de 1793. Le culte fut repris jusqu’en 1830 quand une nouvelle église fut construite dans le bourg en contrebas. Abandonnée, l’église fut classée en 1905. Elle servit de logement militaire pendant la Première Guerre mondiale, puis de cache d’armes pour les résistants durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle fut endommagée par un bombardement en 1944. La création de l’association Les Amis de Saint-Martin de Laives en 1976 marque le début de la remise en état de l’église et de son cimetière. Des restaurations importantes sont réalisées en 1994-1995 (clocher et chœur), en 1999 (dallage) et surtout en 2019-2023 (extérieur et intérieur en trois tranches). Des fouilles et sondages en réalisés 2014 augmentent les connaissances sur la datation par analyse dendrochronologique, sur le cimetière médiéval au nord et sur présence d’un bâtiment du haut Moyen Age au sud.

 

Intérieur de la croisée et de la nef

 

Description

L’église romane, datée de 1010-1020 par les recherches, est l’un des meilleurs exemples de la première période de l’art roman dans la région, avec des murs en petit et moyen appareil, un décor de bandes lombardes, de lourdes arcades en plein cintre et une coupole-lanterne. L’église, dont le gros-œuvre est conservé, présentait à l’origine un plan classique avec une nef de trois travées avec bas-côtés, un transept non saillant sous clocher et un chœur avec travée droite, abside et absidioles. Ce plan a été altéré aux 15e et 16e siècles, ainsi que la façade et plusieurs ouvertures, par l’ajout de chapelles rectangulaires remplaçant l’absidiole nord et prolongeant le transept au nord et au sud. Un narthex probablement roman existait devant la façade, remplacé au 18e siècle par un porche, tous deux aujourd’hui détruits. Des bâtiments de l’ancien prieuré, qui flanquaient l’église au sud, on ne trouve plus que quelques traces de fondations et les vestiges d’arrachements sur le mur sud de l’église. L’église est entourée par son cimetière, d’origine médiévale et utilisé jusqu’au 19e siècle, avec des pierres tombales et un calvaire.

 

Plan de l'église

 

L’extérieur de l’église mêle des éléments romans et gothiques. La façade, très remaniée, conserve ses bandes verticales en saillie du décor roman, mais est dépourvue de ses arcatures depuis la réfection de la partie haute, avec une grande baie ogivale. Le portail rectangulaire est moderne et sans caractère, comme les deux baies latérales. Le mur nord de la nef est la partie la mieux conservée du décor roman, avec des séries d’arcatures lombardes triples et une petite baie ébrasée. Le mur sud ne présente qu’une amorce de bandes lombardes dans sa partie ouest, suivie d’une partie refaite, avec un portail latéral muré du 15e siècle à accolade et à croix. La couverture de la nef, sous une toiture unique, est en laves reposant directement sur les voûtes. Les grands contreforts de la façade et de la nef sont du 18e siècle, comme la tourelle d’escalier au nord de la nef et la sacristie au nord du chœur. Le transept, masqué par les chapelles gothiques, est surmonté par le grand clocher à trois étages. Ses bandes plates et ses baies uniques sont encore partiellement romanes, mais les larges baies géminées ont été refaites au 15e siècle. A l’intérieur, le clocher conserve des trompes dans sa partie haute et un double système de pièces de bois sous sa toiture en laves. Le chevet présente un pignon englobant trois absides, dotées de larges baies gothiques du 15e siècle, dont seule l’abside centrale conserve encore une partie de ses bandes lombardes doubles.

 

Extérieur de l'église :
Ensemble
Chevet
Absidiole
Abside
Façade
Clocher
Clocher
Baies du clocher
Mur sud de la nef
Arcatures
Mur nord de la nef
Baie

 

Le sobre vaisseau roman est assez bien conservé à l’intérieur et a été récemment restauré. La nef centrale, sans étage d’éclairage direct, est voûtée en berceau sur doubleaux retombant sur des piliers cruciformes par de grandes arcades en plein cintre. Cette voûte a été reprise aux 16e et 18e siècles et on ne sait pas avec certitude si la nef était voûtée depuis l’origine. Des vases acoustiques ou pots de résonance d’origine ancienne sont visibles sous les voûtes. Des autels secondaires se trouvent contre les piliers de la nef, avec, à droite, sur l’autel Sainte-Anne, une ancienne pierre tombale avec une croix. Les bas-côtés sont voûtés d’arêtes sur doubleaux retombant sur des pilastres sans impostes, entre des arcs formerets aux murs latéraux. Près de l’entrée, les fonts baptismaux sont une cuve monolithique octogonale sans ornements. Les bras du transept sont également voûtés d’arêtes. La croisée, délimitée par quatre arcs en plein cintre, est surmontée d’une belle et haute coupole-lanterne sur trompes, avec des baies remaniées et des amorces d’arcatures. La courte travée de chœur et ses collatéraux sont voûtés en berceau et s’ouvrent sur les trois absides, aux baies gothiques. L’abside est voûtée en cul-de-four et décorée de croix de consécration. L’absidiole sud romane, avec son autel d’origine, est également appelée chapelle Perchey. L’absidiole sud, ou chapelle Saint-Pierre-en-Chaize, a été reconstruite en style gothique avec un chevet plat, des tombeaux et des peintures. Les deux chapelles les plus importantes sont des chapelles funéraires aux décors flamboyants, s’ouvrant sur les croisillons par des clôtures de pierre et voûtées d’ogives avec clefs et culots sculptés. Il s’agit de la chapelle de Tous les Saints, fondée en 1476, au nord, et de la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, fondée en 1516, au sud. Dans les chapelles et la nef, on trouve des pierres tombales. Enfin, un caveau de 1945 se trouve sous le chœur.

 

Intérieur de l'église :
Nef vers l'est
Piliers et arcades
Bas-côté sud
Bas-côté nord
Transept
Croisée
Coupole
Abside
Absidiole sud (Chapelle Perchey)
Absidiole nord (Chapelle St-Pierre)
Chapelle sud (Notre-Dame-de-Pitié)
Chapelle sud (Notre-Dame-de-Pitié)

 

Saint-Martin de Laives et Saint-Julien de Sennecey

 

 

Visite

Visite uniquement les dimanches et jours fériés, de juin à septembre, de 15 h à 18 h. Visites guidées par l’association Les Amis de Saint Martin de Laives.

Pour en savoir plus sur Laives, vous pouvez visiter les sites Internet suivants:

Site excellent sur la belle église romane : http://www.saintmartindelaives.com/.
Site Laives patrimoine : http://www.laivespatrimoine.com/.
Page paroisse Sennecey : https://www.paroisse-sennecey.com/informations.
Page Bourgogne médiévale : http://bourgognemedievale.com/departement-et-pays/saone-et-loire/pays-chalonnais-entre-saone-grosne/laives/.
Page blog roman : https://romaans.blogspot.com/2018/08/eglise-saint-martin-te-laives-saone-et.html.
Page la France médiévale : https://lafrancemedievale.blogspot.com/2015/02/laives-71-eglise-saint-martin.html.
Page lieux sacrés : https://lieuxsacres.canalblog.com/archives/2006/10/11/2884644.html.
Page wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Martin_de_Laives.
Page belles églises : https://www.belleseglises.com/eglises/laives---eglise-saint-martin.
Page Raymond Faure : https://www.raymond-faure.com/Bourgogne_Romane/Laives_%C3%89glise_Saint-Martin.html.

Vous pouvez également consulter les références suivantes :

- Bazin J.L., Laives. Notice historique sur le village, Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, 1907.
- Dickson M. et C., Les églises romanes de l'ancien diocèse de Chalon, Cluny et sa région, Mâcon, 1935.
- Gaudillère A., L'église Saint-Martin au mont de Laives, Images de Saône-et-Loire, 1969.
- Jacquemet L., Saint-Martin-de-Laives, Images de Saône-et-Loire, 1978.
- Magnien E., Les églises romanes de la Bourgogne du Sud, Mâcon, 1979.
- Oursel R., Bourgogne Romane, Zodiaque, 1968.
- Paymal J. et I., Eglises romanes de la Bourgogne du Sud, Tournus, 1996.
- Saint-Jean Vitus B., Laives, Église Saint-Martin-du-Haut, Archéologie médiévale, 2015.
- Sapin C., Arnaud C. et Berry W., Bourgogne Romane, Dijon, 2006.

 


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