Le site sur l'Art Roman en Bourgogne
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Vézelay

 

Edifice
Basilique Sainte-Marie-Madeleine, ancienne abbatiale
Situation
Sommet du bourg, 89450 (Yonne)
Parties Romanes
Narthex et nef de l'église, crypte, salle capitulaire
Décoration Trois portails à tympans sculptés, plus que 100 chapiteaux, sculptures déposées (Musée)
Datation
1120-1140 (nef), 1140-1150 (narthex), 2e moitié 12e siècle (salle capitulaire et crypte)

 

 

Introduction - Historique - Description - Visite

Introduction

Vézelay ! Ce sommet de l’art roman est un site merveilleux d'art et d'histoire. C’est sur l’une des dernières collines du Morvan, dominant la vallée de la Cure, que s’est édifiée dès le 9e siècle l’abbaye de Vézelay puis la ville médiévale importante et florissante. Alors commence un ample mouvement de convergence vers la sainte colline, qui fait de Vézelay, pendant près de trois siècles, l’un des quatre principaux pèlerinages de la Chrétienté, avec Jérusalem, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle. Vézelay devient une halte importante sur la route du pèlerinage de Compostelle et son histoire est marquée également par le grand évènement de 1146, quand Saint Bernard prêcha la seconde croisade sur les pentes de la colline. A Vézelay, tout est d’une grande beauté: les ruelles pittoresques, les façades des maisons du Moyen Âge, les multiples caves romanes, la vue étendue sur les environs, et le sentier des remparts qui l'entoure. C’est au sommet de cette colline éternelle, dominant toute la région, que fut construite, au cours du 12e siècle, la basilique de la Madeleine, l’une des plus belles églises romanes de France, sauvée de la ruine au milieu du 19e siècle par Viollet-le-Duc. Elle est d’une architecture très équilibrée bien que composée de parties distinctes. La grande nef romane des années 1120-1140, d’une harmonie parfaite, est construite à deux étages et est entièrement voûtée d’arêtes selon la tradition issue du Brionnais. L'élévation est décorée sur toute la hauteur et la lumière magique éclaire ses sculptures. Le haut narthex fut construit directement après la nef, montrant une structure plus évoluée aux profils brisés et avec tribunes. De l’autre côté, le transept et le chœur lumineux de style gothique primitif de la fin du 12e siècle s'opposent aux architectures romanes, mais le mariage entre le roman et le gothique est splendide. La magnifique architecture est rehaussée par un ensemble de sculptures romanes de la première moitié du 12e siècle qui compte parmi les plus importantes. D’abord le grand portail du narthex dont le tympan au Christ envoyant les Apôtres est le chef-d’œuvre de l’art roman bourguignon, entouré par le linteau plein de mouvement et les voussures abondantes. Les deux portails latéraux du narthex racontent les scènes de la vie du Christ et ses sculptures formidables rappellent celles du Brionnais. La magnificence de la sculpture réside dans l’ensemble somptueux de chapiteaux qui décorent la nef et le narthex de la basilique : plus de 120 chapiteaux dont la plupart sont historiés, d’une grande variété et abondance. On trouve ici toute la bible dans la pierre sculptée avec soin par un atelier de sculpteurs qui a travaillé en Bourgogne pendant cette période de l'apogée de la sculpture romane. Pendant la visite, vous ne devez pas manquer la façade datant des 12e au 19e siècles (dont les portails sont en grande partie martelés), les deux clochers dominant la basilique, la crypte d'origine très ancienne sous le chœur et la grande luminosité de l'ensemble très équilibré. La basilique est flanquée de bâtiments de l’ancienne abbaye, dont subsistent la salle capitulaire d’un excellent style roman finissant et l’ancien dortoir à l’étage qui sert de Musée lapidaire où vous pouvez admirer un ensemble très intéressant de sculptures romanes déposées par Viollet-le-Duc : chapiteaux déposés de la nef et des tribunes du narthex, médaillons sculptés et plusieurs sculptures provenant de la façade de la basilique.

 

Le tympan du narthex

 

Les amateurs de l’art roman peuvent trouver plusieurs autres monuments romans dans la très belle ville ancienne de Vézelay : d’abord deux anciennes églises paroissiales désaffectées. Saint-Etienne, en bas de la ville, était du type des églises à deux étages voûtés d'arêtes, et conserve encore sa nef intéressante transformée en magasin. Saint-Pierre, église romane probablement du même type, est encore plus martelée: il n'en subsiste que la tour de l’horloge du 17e siècle. Dans les rues, et surtout dans les quartiers entourant l’abbaye, vous pouvez admirer encore plusieurs façades romanes avec grandes arcades et baies géminées, ainsi qu'un grand nombre de caves voûtées du 12e siècle conservées sous les maisons, qui font de Vézelay un monument roman dans son entier. Enfin, en dehors de la ville en direction d’Asquins, on trouve la délicieuse chapelle de la Cordelle avec ses arcatures et chapiteaux du milieu du 12e siècle.

 

Historique

L'histoire de l'abbaye et de la ville de Vézelay est longue et importante. Les origines se trouvent dans la vallée de la Cure au pied de la colline, à l'emplacement du vieux village de Saint-Père, où l'existence d'un temple païen et d'un oratoire Saint-Jean-Baptiste est connue depuis longtemps. L'abbaye de Vézelay trouve son origine avec la fondation vers l'an 858 d'un monastère de moniales dans la vallée, par le comte Girard de Roussillon et sa femme Berthe. Le couvent de femmes obtient la protection directe du pape en 863. Quelques années après, le couvent est détruit par les Normands et on décide de le déplacer sur la haute colline voisine, plus facile à défendre. Ici est alors créé un nouveau monastère bénédictin d’hommes, dirigé par l'abbé Eudes, avec des moines venus probablement d’Autun. Le monastère est entouré d'une enceinte et est dédié à Saint-Pierre, Saint-Paul et Sainte-Marie. Une première église carolingienne est consacrée en 878 par le paSaint-Bernard en 1146pe Jean VIII. Un incendie au début du 10e siècle nécessite des restaurations. L'abbaye devient de plus en plus importante après l'arrivée des reliques de Sainte-Marie-Madeleine, venues de Provence et confirmées vers 1050 par le pape. L'abbatiale est alors dédiée à Sainte-Marie-Madeleine. Aussi, l'abbaye est elle soumise à l’ordre de Cluny au 11e siècle, provoquant quelques difficultés. L'indépendance de l'abbaye cause également quelques affrontements avec les comtes de Nevers, qui se poursuivent pendant le 12e siècle. L'afflux de pèlerins venant vénérer les précieuses reliques devient de plus en plus grand et l'abbé Artaud décide d'agrandir l'abbatiale à la fin du 11e siècle. Un nouveau chœur roman avec déambulatoire est consacré en 1104 par le pape Pascal II, tout en conservant l'ancienne nef carolingienne. Cette nef a fait l'objet d'un grave incendie l'été 1120, elle est en grande partie détruite et un grand nombre de pèlerins et fidèles ont été tués par le feu ce jour noir. L'abbé Renaud, originaire du Brionnais, commence un grand projet de reconstruction dans le nouveau style roman provenant de son pays natal. La grande nef est construite dans les années 1120-1140 et est consacrée en 1132 par le pape Innocent II. Un large narthex est ensuite construit par l'abbé Ponce de Montboissier pour héberger les pèlerins dont le nombre ne cesse de croître. Vézelay est devenu une halte de première importance sur la route de Compostelle. Une ville prospère s'est édifiée au 12e siècle sur la colline autour de l'abbaye ; les caves romanes des maisons étaient destinées à recevoir les pèlerins. C'est aussi le temps des grandes croisades et en 1146, le jour de Pâques, la colline de Vézelay est le théâtre d'un grand événement : la prédication de la seconde croisade par Saint Bernard à l'endroit de la Cordelle. L'abbaye est séparée de Cluny en 1162 et rattachée à l'évêché d’Autun. Un nouvel incendie en 1165 cause la destruction de la crypte primitive et du chœur de l'abbé Artaud. Une fois de plus, un grand projet de reconstruction est décidé, par l'abbé Girard d’Arcy: un grand chœur et un transept sont construits dans le nouveau style gothique primitif à la fin du 12e siècle. Après l'ajout d'arcs-boutants au 13e siècle, l'église est en grande partie achevée dans l'état qu'elle conserve aujourd'hui, après avoir traversé les multiples terreurs de l'histoire. A Vézelay, le premier couvent franciscain de France est fondé en 1217. Il jouxte la chapelle romane de la Cordelle, hors les murs de la ville. Le déclin de Vézelay commence au 13e siècle avec la découverte des véritables reliques de Sainte-Madeleine à Saint-Maximin dans le Midi et leur authentification par le pape. Lentement, l'abbaye est oubliée et dégradée par les outrages du temps. L'abbaye est placée en commende au début du 16e siècle et est sécularisée par le pape en 1537. L'abbatiale devient alors collégiale desservie par des chanoines. C'est le siècle des guerres de religion et les protestants n'épargnent pas Vézelay entre 1568 et 1578. Pendant le saccage par les Huguenots en 1569, les reliques sont brûlées et les portails de la façade sont mutilés. Au 18e siècle, les bâtiments de l'abbaye sont en partie vendus et en partie détruits. En 1790, le chapitre de chanoines est supprimé et l'église devient paroissiale. L'époque tumultueuse de la Révolution cause de nouvelles mutilations aux sculptures de la façade. Les vestiges de l'abbaye et l'église sont vendus comme biens nationaux en 1796. L'église se dégrade encore plus en 1819, quand la tour de la façade est incendiée par la foudre. Prosper Mérimée fait classer Monument Historique en 1840 la ruine piteuse qu'il a trouvée pendant ses voyages. Il envoie le jeune restaurateur Eugène Viollet-le-Duc pour sauver ce chef-d'œuvre roman de la ruine. La tâche est immense. L'état dans lequel il a trouvé l'église, pillée par les guerres et la Révolution, est alarmant. De 1840 à 1861, il conduit une campagne de restauration souvent contestée, de l'ensemble des bâtiments. Il fait partiellement reconstruire les parties hautes du narthex, le clocher incendié, quelques voûtes de la nef et une galerie du cloître détruit. Il fait copier et remplacer les sculptures trop mutilées, dont beaucoup de chapiteaux et le grand tympan de la façade. Il restaure le bâtiment abbatial conservé. On doit admettre que l'église a perdu un peu de son authenticité par ces reconstructions, mais grâce à Viollet-le-Duc, on peut admirer aujourd'hui ce joyau de l'art roman dans toute sa splendeur d'antan. En 1920, l'église obtient le titre de Basilique et depuis 1945, l'abbaye est à nouveau utilisée par des moines. De nos jours, Vézelay a recouvré sa grande renommée et le site est classé patrimoine mondial par l'UNESCO en 1979. Des milliers de visiteurs du monde entier viennent admirer chaque année ses trésors. Actuellement, la basilique est l'objet d'importants travaux de restauration, commencés en 1997 et toujours en cours.

 

Dessin des ruines de la façade au 19e siècle par Viollet le Duc

 

 

Description

Je vous propose ici une visite approfondie de la basilique merveilleuse et des vestiges de l'abbaye. En arrivant, on voit de loin la magnifique colline de Vézelay, couronnée par la basilique Sainte-Madeleine. Après avoir monté les jolies rues de la cité fortifiée, on se retrouve sur la place devant la façade de l'église. Cette façade apparaît mutilée et restaurée, cachant une grande église du 12e siècle qui est un chef-d'oeuvre incontesté de l'art roman, pour son architecture savante, pour ses multiples trésors abondants de sculpture, et pour la lumière grandiose du sanctuaire. Sur le plan ci-dessous on voit que la basilique se compose de trois parties bien distinctes qui composent cet ensemble merveilleux : un narthex de trois travées à l'ouest, une grande nef romane de dix travées, et à l'est, un partie gothique comprenant le transept et le choeur à déambulatoire. Du côté sud, on voit l'unique bâtiment conservé de l'abbaye. Je ferai la description en commençant à l'ouest par la façade, et en continuant vers le choeur, en soulignant que l'ordre de description n'est alors pas chronologique.

 


Plan de la basilique et coupe de sa partie occidentale

 

 

Façade extérieure

La façade de la basilique est composite, mutilée et restaurée. Elle date du 12e au 19e siècle. Sa construction en avant du narthex au milieu du 12e siècle achevait la grande abbatiale romane. Les trois portails de l'étage inférieur sont de cette époque, mais les sculptures et tympans romans mutilés au cours de l'histoire ont disparus. Le grand portail central possède un tympan du Jugement Dernier sculpté en 1856 par Michel Pascal. Le grand Christ en Majesté, le linteau, les voussures et le trumeau sont tous de cette époque moderne et remplacent les sculptures romanes partiellement conservées au musée de l'abbaye. Les deux portails latéraux sont plus modestes et ont des tympans nus. Quelques chapiteaux et corbeaux datent du 12e siècle (un oiseau becquetant du raisin, à gauche), les autres sont des copies modernes. La partie centrale de la façade est occupée par un pignon du milieu du 13e siècle avec plusieurs statues du Christ, de la Vierge, d'anges et de saints. Le pignon est flanqué des bases des deux tours, aux arcatures du 12e siècle. Seule la tour sud est achevée. C'est la tour Saint-Michel dont l'étage supérieur est du 13e siècle, sauf la balustrade au 19e siècle construite par Viollet le Duc. La nef est également imposante par ses volumes ; elle a été renforcée d'arcs-boutants au 13e siècle.

 

La façade restaurée

 

Façade et extérieur de la basilique :
Pignon
Portail moderne
Animal du portail
Portail nord
Oiseaux du portail nord
Chapiteaux du portail nord
Tour Saint-Michel
Flanc sud
Corniches
Modillons
Façade latérale
Contreforts

 

 

Le narthex et les portails romans

Entrons par l'un des portails. On se trouve dans le grand narthex, aussi dit Galilée ou avant-nef, ajouté vers 1140-1150 comme espace d'accueil pour les pèlerins. Lieu de rassemblement et de préparation, c'est un haut espace de trois travées d'une architecture romane savante, où domine déjà l'arc brisé. Les nefs sont voûtées d'arêtes retombant sur des piliers cruciformes à colonnes engagées. C'est un des espaces d'accueil avec étage, dont on trouve de nombreux exemplaires dans la Bourgogne Romane : Tournus en est un spécimen ancien, et celui de Perrecy-les-Forges préfigure Vézelay. Comme dans ce dernier, les trois nefs sont surmontées à l'étage par des tribunes en forme de U. Les tribunes surmontent les bas-côtés et s'ouvrent sur la partie centrale par des séries d'arcatures sur chapiteaux. Ils sont reliés par la tribune au-dessus de la troisième travée, où se trouve une petite chapelle dédiée à l'archange Saint Michel, avec un petit cul-de-four porté par des pilastres à chapiteaux. C'est une chapelle haute qui s'ouvre sur la nef par deux arcatures en plein cintre, d'où la vue est formidable. Ici se trouvent deux voûtes d'ogives qui sont parmi les plus anciennes de France. Reste à remarquer que les parties hautes des tribunes et les voûtes sont en grande partie reconstruites pendant la restauration du 19e siècle.

 

Le narthex

 

 
Partie centrale
Parties hautes
Arcs
 
 
Elévation
Pilier
Bas-côté
 
 
Tribunes
Voûtes
Chapelle
 

 

Christ du portailLe narthex est doté de sculptures romanes qui sont parmi les plus belles qui soient : une collection de chapiteaux complémentaires à ceux de la nef et surtout les trois portails merveilleux qui s'ouvrent sur la nef. Le portail central est la gloire de Vézelay et l’un des plus beaux portails romans du monde. L’ensemble d'une énorme richesse a été sculpté vers 1125-1130 et représente le miracle de la Pentecôte, avec, sur le tympan, la Descente de l’Esprit Saint sur les Apôtres autour du grand Christ en Majesté. Son corps majestueux occupe la mandorle ; ses mains envoient des rayons aux têtes des douze Apôtres, qu’il envoie pour évangéliser les peuples. La scène est entourée par huit compartiments où sont sculptées plusieurs scènes aux saints et peuples variés du monde : des apôtres écrivant, Jéroboam, cappadociens, arabes et cynocéphales, Ethiopiens, phrygiens, byzantins et Arméniens. Le large linteau sous le tympan porte de nombreux personnages étranges. C’est le monde profane où on remarque des scythes, le monde romain, les macrobii, les Pygmées et les Panotii avec leurs oreilles démesurées. Saint Pierre et Saint Paul se trouvent au centre du linteau sous les pieds du Christ. Il est supporté par le trumeau où la figure de Saint Jean-Baptiste a été mutilée à la Révolution (l’Agneau Pascal qu’il portait a disparu). Deux rangées de voussures entourent cet ensemble : la première est composée de 29 médaillons contenant les Signes du Zodiaque et les Travaux des Mois, admirablement sculptés et rappelant Avallon et Vermenton ; la deuxième est sculptée de palmettes. De chaque côté, le portail est supporté par des piédroits où sont sculptés Saint Pierre et Saint Paul, à droite, deux autres Apôtres et des pilastres cannelés à chapiteaux. Plus bas, des colonnes aux cannelures sont surmontées de quatre chapiteaux historiés : on peut reconnaître Adam et Eve chassés du paradis terrestre, une Faunesse et un oiseau fabuleux, le sacrifice de Saül et le Repentir de Saül.


Le portail central du narthex

 

Christ
Peuples de la terre
Partie du linteau
Trumeau
Voussures
Voussures
Saints Pierre et Paul
Piédroit gauche
Chapiteau : Adam et Eve
Chapiteau : Faunesse
Chapiteaux sud
Chapiteau : Repentir de Saul

 

Apôtres du tympan

 

Les deux portails latéraux du narthex, de la même période, s'ouvrent sur les collatéraux de la nef. Le portail sud est un petit trésor par ses sculptures parfaites, qui rappellent celles du Brionnais. En partie mutilé, il représente l'Enfance du Christ. Sur le registre inférieur du tympan, on admire les scènes classiques : l'Annonciation avec Gabriel et Marie, la Visitation avec Marie et Elisabeth, l'Annonce aux Bergers et la Nativité avec la Vierge et l'Enfant. Le registre supérieur montre l'Adoration des Mages avec la Vierge à l'enfant et les rois mages. Ce sont des sculptures d'une excellente facture, pleines de mouvement. Les voussures possèdent de belles feuilles de vigne et des rosaces. Les chapiteaux historiés des quatre pilastres cannelés montrent Ulysse et la sirène, l'Ange de la Nativité à l’olifant, l'ange du Jugement Dernier et un Faune visant un démon.

 

Le portail sud du narthex :
Portail
Tympan
Scènes
Voussures
Chapiteau : Ulysse et sirène
Chapiteau : Ange de la Nativité
Chapiteaux sud
Chapiteau : Faune visant un démon

 

Chapiteaux du portail sud

 

Le portail nord montre les derniers épisodes de la vie du Christ ressuscité. Le registre supérieur du tympan montre l'Ascension, avec le Christ entre les Apôtres. Les têtes ont été mutilées. Le registre inférieur représente l'épisode des pélerins d’Emmaüs à travers de trois scènes : l'Apparition du Christ à deux disciples d'Emmaüs, le Christ rompant le pain, et les disciples retournant à Jérusalem. Comme sur le portail sud, on admire de belles voussures et quatre chapiteaux historiés : un oiseau avec corps de serpent, deux chapiteaux d'anges vainqueurs de démons, et deux modes du plain-chant avec des personnages portant des instruments de musique.

 

Le portail nord du narthex :
 
Portail
Ensemble
Tympan
 
 
Chapiteaux nord
Chapiteaux sud
Modes du plain-chant
 

 

Enfin, le narthex est remarquable pour les chapiteaux de l'étage inférieur. Ils sont un peu postérieurs aux chapiteaux de la nef, qu'on va découvrir ci-dessous, et certains en reprennent les thèmes. Les sujets sont variés. Certains représentent des feuillages et des décors végétaux, d'autres sont historiés. Voici la liste complète de la dernière catégorie, avec sur les piliers sud : Joseph et la femme de Putiphar, Bénédiction de Jacob par Isaac (mutilé), Saint Pierre et Saint Paul en prière, la Tentation de Saint Benoît, la Mort de Caïn et le Repas de Saint Antoine et Saint Paul ermites (à côté du portail). Sur un pilastre du mur nord, un petit chapiteau d'angle de la troisième travée représente la Décollation de Saint Jean-Baptiste. Sur les piliers du côté nord du narthex on admire deux hommes mangeant du raisin (mur occidental), Samson terrassant un lion (mutilé), l'Histoire de Saint Jean-Baptiste, les Reproches de Nathan à David, Saint Benoît ressuscite un enfant et l’Apparition de Sainte Marie Madeleine à la Princesse de Provence. Dans les parties hautes du narthex, tous les chapiteaux des tribunes ont été remplacés par des copies, à l'exception de celui de Tobie, des arcatures côté sud. On retrouve plusieurs chapiteaux originaux provenant des tribunes dans le Musée (voir ci-dessous).

 

Chapiteaux du narthex de la basilique :
Joseph et la femme de Puthipar
Bénédiction de Jacob par Isaac
Saints Pierre et Paul en prière
Tentation de Saint Benoît
Mort de Caïn
Repas de Saints Antoine et Paul ermites
Décollation de Saint Jean-Baptiste
Hommes et raisins
Samson terassant le lion
Histoire de Sain Jean-Baptsite
Reproches de Nathan à David
Saint Benoit ressuscite l'enfant
Apparition de Madeleine à la Princesse
Feuillage
Feuillage
Chapiteaux des tribunes (copies)

 

Samson terassant le lion (détail)

 

 

La grande nef et les chapiteaux

Après avoir visité le narthex, on continue avec la grande nef, dont l'architecture saisissante est antérieur au narthex. C'est sans doute la plus belle partie de la basilique : une merveille romane, construite entre 1120 et 1140, pénétrée par une lumière abondante et mystique. L'architecture est originale puisque la nef longue de dix travées et les bas-côtés sont entièrement voûtés d'arêtes. Les arêtes sur doubleaux en plein cintre de la nef centrale sont barlongues et surmontent une élévation à deux étages : grandes arcades en plein cintre et fenêtres hautes. Ce type de voûtement, utilisé depuis longtemps pour les bas-côtés des grandes églises romanes, permet un éclairage direct de la nef centrale par des larges baies. Les piliers qui soutiennent les arcades sont cruciformes et flanquées de colonnes engagées aux chapiteaux sculptés. Cette architecture, typiquement bourguignonne, est une généralisation du modèle primitif d'Anzy-le-Duc et le plus grand exemple en Bourgogne de ce genre répandu au 12e siècle en Avallonnais. A Vézelay, la nef est très large et l'élévation est extrêmement soignée. Les grandes arcades ont une archivolte décorée, et on remarque le prolongement des tailloirs, un bandeau horizontal décoré de médaillons, les fenêtres hautes entre pilastres cannelés, les arcs formerets soulignant les voûtes. La dernière travée est voûtée d'ogives, comme l'étaient trois autres avant la restauration du 19e siècle. On ne cesse pas d'admirer l'harmonie parfaite et la luminosité de cette nef, l'équilibre remarquable avec le choeur gothique et la perspective des arcs doubleaux polychromes. Remarquons les bases de colonnes décorées de fleurs ou d'animaux et ensuite la célèbre série de ses chapiteaux.

 

L'intérieur de la nef

 

Nef vers l'est
Nef vers l'ouest
Voûtes
Elévation
Pilier
Fenêtre haute
Bas-côté
Bas-côté
Colonne
Corniche
Base de colonne
Base de colonne

 

Bas-côté sud et piliers

 

Plus encore que le narthex, la nef est remarquable pour ses chapiteaux romans. Les sculptures abondantes, datées de 1125-1140, montrent plusieurs thèmes et sujets bibliques, fantastiques ou végétaux d'une grande richesse. L'ensemble de 100 chapiteaux de la nef, probablement par un atelier de cinq maîtres-sculpteurs, est le plus important de la Bourgogne avec celui d'Autun. Huit chapiteaux sont remplacés au 19e siècle par des copies, les originaux se trouvent dans le musée lapidaire (voir ci-dessous). Les autres chapiteaux sont historiés et on peut y découvrir la bible en pierre, un monde médiéval plein de mystères. On considère d'abord ceux qui se trouvent dans le bas-côté sud, puis ceux au côté nord et finalement ceux dans les parties hautes de la nef.
Les chapiteaux surmontent les colonnes engagées des piliers de la nef et celles des murs goutteraux. Voici la liste complète des chapiteaux historiés du bas-côté sud, du narthex au chœur, parcourant chaque pilier et suivi par le chapiteaux situé en face sur le mur latéral : le combat fabuleux, l'enlèvement de Ganymède, le Duel, la Luxure et le Désespoir, la Conversion de Saint Eustache, la balance et les gémeaux, l’Education d’Achille, le célèbre chapiteau du Moulin mystique, la Mort de Lazare et du Mauvais Riche, la Mort de Caïn (repris au narthex), le Conseil, les quatre vents, David terrassant le lion, les Maîtres et les Ecoliers, Saint Martin et l’arbre sacré des païens, Daniel entre les lions, la Musique Profane, le Combat de Jacob avec l'ange, la Bénédiction de Jacob par Isaac (repris au narthex), la légende de Saint Benoît, le Compagnon de Judas, les quatre fleuves du Paradis et le Sacrifice de l’ancienne loi (copie moderne, voir musée). Dans les parties orientales du bas-côté, on trouve plusieurs chapiteaux plus anciens en réemploi du chœur roman détruit, les Chapiteaux-Artaud, avec des étranges similarités avec Anzy-le-Duc : Daniel dans la fosse aux lions, lions affrontés et cinq beaux décors végetaux. Enfin il y a six autres chapiteaux sculptés de feuillages et deux autres chapiteaux modernes.

 

Chapiteau de la nef : le Moulin Mystique

 

Chapiteaux du bas-côté sud de la basilique:
Combat fabuleux
Enlèvement de Ganymède
Duel
Luxure et désespoir
Conversion de St-Eustache
Balance et Gemeaux
Education d’Achille
Moulin mystique
Mort de Lazare et du mauvais riche
Mort de Caïn
Conseil
Les vents
David terassant le lion
Maîtres et écoliers
Saint Martin et l'arbre des païens
Daniel entre les lions
Musique profane
Combat de Jacob et l'ange
Bénédiction de Jacob par Isaac
Légende de Saint Benoît
Compagnon de Judas
Daniel dans la fosse des lions
Fleuves du paradis
Lions affrontés
Décor végétal
Décor végétal
Décor végétal
Décor végétal

 

Chapiteau du bas-côté sud : la luxure et le désespoir

 

Voici la liste complète des chapiteaux historiés du bas-côté nord, du narthex au chœur : la Sagesse et l’Imprudence, Jeux Frivoles (mutilé), le Châtiment de l’Avare et du Calomniateur, Judith et Holopherne (copie moderne, remplaçant la Sirène au musée), lions affrontés, l'Hiver et l'été, les oiseaux, meurtre de l’Egyptien par Moïse, la lutte de David et Goliath, la Mort d'Absalon, les éléphants affrontés (mutilé), le Festin du Mauvais Riche, combat de deux démons, Moïse et le Veau d'or (rappelant Autun), le Fils de Pharaon tué par l'Ange exterminateur (inachevé), les funérailles de Saint Paul ermite (copie moderne, voir musée), la légende de Sainte Eugénie, l'Exécution du meurtrier de Saül, le basilic et la sauterelle, les oiseaux becquetant du raisins, la Vision de Saint Antoine, la Tentation de Saint Antoine (copie moderne, voir musée), le repas de Saint Antoine et Saint Paul ermites (repris au narthex), Adam et Eve dans le paradis (réemploi du chœur roman), la lutte du bien et du Mal (copie moderne, voir musée) et la Délivrance de Saint Pierre. Enfin il y a douze chapiteaux sculptés de décors végétaux (dont une copie moderne).

 

Chapiteaux du bas-côté nord:
Sagesse et imprudence
Jeux frivoles
Châtiment de l'avare et du calomniateur
Lions affrontés
Hiver et Eté
Oiseaux
Meurtre de l'Egyptien
Lutte de David et Goliath
Mort d'Absalon
Eléphants affrontés
Festin du mauvais riche
Combat de démons
Moïse et le veau d'or
Fils de Pharaon tué par l'Ange
Funérailles de Saint Paul (copie)
Légende de sainte Eugénie
Exécution du meurtrier de Saül
Basilic et sauterelle
Oiseaux becquetant du raisin
Vision de saint Antoine
Repas de saints Antoine et Paul
Adam et Eve dans le paradis
Délivrance de Saint Pierre
Décor végétal
Décor végétal
Décor végétal
Décor végétal
Décor végétal

 

A la naissance des doubleaux de la voûte de la nef se trouvent les derniers chapiteaux, moins visibles mais intéressants également. Ils sont flanqués de pilastres cannelés avec petits chapiteaux souvent sculptés de décors végétaux ou de quelques atlantes et acrobates. Voici la liste complète des chapiteaux historiés des parties hautes de la nef. Au sud, il y a Deux ours et personnage caché dans les feuillages, la Pendaison de Judas (fameux sujet d'Autun et de Saulieu ; pilastres avec atlantes), le Meurtre d’Amnon, la Construction de l’Arche de Noé (pilastre : lion et atlante), le Martyre de Saint Andoche, Abdemelech obtient la grâce de Sediacus de Jérémie, Joseph et la femme de Putiphar (repris au narthex), Samson et Dalila, ainsi que trois feuillages. Au nord, les chapiteaux représentent deux Pélicans au bord de l’eau (pilastre : le Sacrifice d’Isaac par Abraham), Hérode et Hériodade, Adam et Eve chassés du paradis (pilastre avec atlante), le Sacrifice de Caïn et Abel (voir aussi à Chalon), la Lutte de Dragon et Guerrier, l’Abbé de Vézelay rendant Justice, feuillages et personnages et quatre autres feuillages. Restent à mentionner le chapiteau du Combat de lions surmontant le pilastre du côté ouest de la nef, sous la chapelle Saint-Michel, et un médaillon d'une femme assise avec l’église de Vézelay dans une arcade de la troisième travée du côté sud de la nef.

 

Chapiteaux des parties hautes de la nef:
Deux ours et personnage caché
Pendaison de Judas
Meurtre d'Amnon
Construction de l'arche de Noé
Martyre de Saint Andoche
Abdemelech et Jérémie
Joseph et la femme de Puthipar
Samson et Dalila
Combat de lions
Pélicans au bord de l’eau
Hérode et Hériodade
Feuillages et personnages
Sacrifice de Caïn et Abel
Lutte de guerrier et dragon
L'abbé de Vézelay rendant justice
Décor végétal

 

Photo de Thierry Cornier
Chapiteau des parties hautes : Adam et Eve

 


Le chœur et la crypte

Le chœur et le transept sont construits à la fin du 12e siècle dans le nouveau style gothique primitif après l'incendie en 1165 qui détruisit le choeur roman des années 1100. Cette partie de l'église est très lumineuse et s'oppose à la nef romane par son style très différent. Cependant, l'ensemble est d'un équilibre parfait et étonnant. C'est l'un des premiers exemples de l'art gothique qui deviendra la gloire de l'Ile-de-France, connu de Sens et de Saint-Denis. On y trouve les caractères du gothique naissant : voûtes d'ogives, épanouissement vertical, arcs de profil brisé, tribunes avec arcatures légères, déambulatoire avec hautes colonnes, grandes baies et chapelles rayonnantes carrées et semi-circulaires. Un tympan trilobé du 13e siècle est déposé dans le croisillon nord. A côté du croisillon sud est construit le deuxième clocher de la basilique : la tour Saint-Antoine. Cette dernière est construite vers 1160 et possède des grandes ouvertures sur deux étages, tandis que sa flèche octogonale avec lanternons est détruite.

Transept et chœur :
Transept
Chevet gothique
Absides
Tour Saint-Antoine
Choeur lumineux
Abside
Tribunes
Déambulatoire

 

Sous le choeur se trouve la crypte où sont conservés depuis longtemps les reliques de Sainte Madeleine. Elle conserve les vestiges d'une première crypte de l'abbatiale carolingienne du 9e siècle. Le petit espace voûté en berceau du côté ouest de la crypte, où est conservée la châsse de reliques, serait un confession de cette époque. La crypte actuelle a été construite après l'incendie de 1165 dans un style mi-roman, mi-gothique. Les voûtes d'arêtes des 7 travées sont portées par des colonnes monolithes aux chapiteaux lisses. Quelques fresques du 13e siècle y sont conservées, dont un Christ en majesté.

 

La crypte sous le choeur :
 
Crypte
Confession
Entrée
 

 

 

Les bâtiments de l'ancienne abbaye

Ayant complété la visite de l'église abbatiale, on continue avec les vestiges des bâtiments de l'abbaye. Autrefois, un ensemble important de bâtiments monastiques se trouvait au flanc sud de l'église autour d'un cloître central. Ces constructions ont été en grande partie détruites après la Révolution. Aujourd'hui ne subsiste que le bâtiment des moines contre le transept de l'église. Le rez-de-chaussée de ce bâtiment date de la seconde moitié du 12e siècle et se compose de deux salles d'un bel art roman tardif. La plus importante est la Salle capitulaire, aujourd'hui chapelle du Saint-Sacrement. Restaurée par Viollet le Duc, cette salle est voûtée d'ogives sur deux colonnes centrales séparant six compartiments. La sculpture des chapiteaux est évoluée et les voûtes sont dotées de médaillons sculptés avec scènes variées : Agneau Pascal, animaux fantastiques, Samson terrassant le lion, Saint Michel combattant le dragon. Les arcades du côté ouest s'ouvraient sur une galerie du cloître et ses chapiteaux et archivoltes sont décorés. La petite salle suivante de deux travées est également voûtée d'ogives, elle ne se visite pas. Le premier étage du bâtiment était le Dortoir des Moines. Divisé en deux salles, il est occupé par le Musée de l’Oeuvre (voir ci-dessous). Restaurée en 1967-1969, la plus grande salle se compose de trois travées gothiques voûtées d'arêtes. Ce bâtiment était à l'origine flanqué à l'ouest du cloître, reconstruit au 13e siècle puis détruit à la fin du 18e siècle. Une seule galerie a été reconstituée par Viollet-le-Duc en 1854 et fait communiquer l'église et la Salle capitulaire. L'emplacement du préau du cloître est clairement visible et un puits y est encore conservé. Des sarcophages et pavements ont été trouvés par des fouilles en 2012. Ici se trouve sous terre une Citerne d’eau romane, importante mais inaccessible, à deux nefs en berceau porté par neuf colonnes. Contre le mur latéral de la basilique sont déposées ici, depuis 1851, les grandes pierres de l'ancien tympan du grand portail de la façade. La sculpture abîmée est très difficile à reconnaître, compte tenu des mutilations de la Révolution. On voit encore les vestiges du Christ en Majesté et d'un ange, peut-être de la main de Gislebertus, célèbre maître sculpteur de la cathédrale d'Autun. Le grand linteau du portail est déposé devant : les figures des Apôtres sont très mutilées. Plus loin, vers la terrasse de l'ancien Château abbatial détruit à la Révolution, les vestiges d'un autre bâtiment de l'abbaye sont conservés. Il s'agit d'un mur aux larges ouvertures de l'ancien Réfectoire du 12e siècle, dans un enclos privé. Jetant un coup d'oeil sur les constructions du 18e siècle, comme l'ancien doyenné et les Maisons canoniales du chapitre flanquant la basilique au côté nord, on a visité tous les vestiges des bâtiments de l'abbaye. Prenez le temps d'admirer la vue sur les environs depuis la terrasse derrière la basilique.

 

 

Les bâtiments de l'abbaye :
 
Bâtiment et cloître
Arcatures de la salle capitulaire
Intérieur de la salle capitulaire
 
 
Voûte de la salle capitulaire
Chapiteau de la salle capitulaire
Ancien Réfectoire
 
 
L'ancien tympan du grand portail
Personnages du linteau du grand portail
Maisons canoniales
 

 

Le Musée, Salle de la Madeleine

 

Le Musée de l'œuvre

Résurrection de LazareOn pourra compléter la visite de l'abbaye de Vézelay par le Musée de l'œuvre qui se trouve dans l'ancien Dortoir des moines à côté de la basilique. C'est un musée lapidaire très intéressant qui regroupe de nombreuses sculptures romanes déposées par Viollet-le-Duc au milieu du 19e siècle pendant la grande restauration. A cette époque, le restaurateur remplaçait les chapiteaux trop mutilés de la basilique par des copies modernes. Les pièces d'origine, conservées à l'origine dans les tribunes du narthex, ont été installées en 1979 dans le nouveau Musée. De nombreuses pièces de sculpture médiévale provenant de la basilique, des bâtiments abbatiaux ou de fouilles y sont présentées à hauteur de regard. Beaucoup de chapiteaux romans, clefs de voûtes et statues y sont exposées, le gros œuvre datant du 12e siècle. Les chapiteaux romans, surtout provenant des parties hautes du narthex et de sa façade, ont souvent été très mutilés, mais ils évoquent encore le grand art roman de la basilique, et peut-être parfois la main de Gislebertus le maître d'Autun. On y recensera également d'autres témoins de la grande campagne de restauration : estampages et moulages du 19e siècle utilisés pour faire des copies de sculpture, ainsi que des plans et des dessins de l'église avant les restaurations. Les collections sont présentées dans deux salles : la salle des Bâtiments Abbatiaux et la salle de La Madeleine. En outre, l'ancien vicariat possède une réserve inaccessible où sont conservées d'autres sculptures moins lisibles. En totalité, il y a 514 pièces comptant sculptures déposées, estampages et relevés. Le catalogue exhaustif des collections du musée a été fait par Lydwine Saulnier et Neil Stratford en 1984 sous le titre La sculpture oubliée de Vézelay.
La première salle, la Salle des Bâtiments Abbatiaux, regroupe les pièces provenant des bâtiments et des fouilles de l'abbaye. A gauche depuis l'entrée, un beau chapiteau au décor végétal provient du cloître roman. Il y a également des fragments de sculptures représentent des impostes au décor végétal provenant des salles du bâtiment, ainsi que des estampages et un chapiteau à oiseaux de la salle capitulaire. A droite, deux vitrines aux fragments divers, dont plusieurs fragments de reliefs et bustes sculptés d'anges, de personnages et de saints. Un fragment de colonne représente un sagittaire et un cerf. Les clefs de voûtes sculptées, de l'époque gothique, proviennent de la nef de la basilique. Sur le mur de fond de la salle, on trouve des fragments d'un corps de femme et des parties d'un fronton historié faisant encore deviner une partie de la Cène, sculpture attribuée à Gislebertus. Cinq estampages des médaillons de voûte de la salle capitulaire représentent l'Agneau Pascal, un griffon, et trois symboles des Evangélistes. Quelques autres fragments d'architecture et des médaillons des voussure du grand portail du narthex sont présentés dans les autres vitrines de la salle.

 

Salle des Bâtiments Abbatiaux du Musée :
Chapiteau du cloître
Imposte à décor végétal
Médaillons de la Salle capitulaire
Médaillons de la Salle capitulaire
Fronton historié
Fronton historié
Colonne avec sagittaire et cerf
Fragments de deux saints

 

Ensuite, la Salle de la Madeleine regroupe les sculptures provenant de la basilique. Le guide du musée distingue quatorze groupes de sculptures, qu'on pourra classifier en trois groupes principaux : chapiteaux provenant de la nef, du narthex et de la façade occidentale. A droite depuis l'entrée sont présentés sept chapiteaux originaux des piliers de la nef, remplacés par des copies dans la basilique : Lutte du bien et du mal (ou Raphaël maîtrise le Démon Asmodée), la Tentation de saint Antoine, les Animaux Musiciens, les funérailles de St-Paul ermite, le Sacrifice de l’ancienne loi, un fragment de la Sirène et un chapiteau à feuillages. Mentionnons encore des estampages du chapiteau de la Conversion de Saint Eustache et du médaillon L’église de Vézelay, près de l'entrée de la salle, dont les originaux sont conservés dans la nef de la basilique.

Salle de la Madeleine, chapiteaux de la nef :
 
Lutte du bien et du Mal
Tentation de saint Antoine
Animaux Musiciens
 
 
Sacrifice de l’ancienne loi
Les funérailles de saint Paul ermite
Sirène
 

Une grande partie des chapiteaux provient des tribunes du narthex, dont les arcatures ont été restaurées en 1850 et tous les chapiteaux ont été remplacés par des copies (à l'exception de celui de Tobie encore en place). Il y à quatre groupes de chapiteaux du narthex. A droite dans la salle, deux grands chapiteaux rectangulaires provenant du cul-de-four de la chapelle Saint-Michel, aux scènes multiples et complexes. Le premier représente le Combat des Anges et des démons, tandis que le deuxième est un sujet inconnue avec un chevalier dominant un basilic. Il y a également une clé de voûte de l'ogive de la chapelle Saint-Michel. Deux groupes de trois grands chapiteaux de colonnes engagées sont sculptés de scènes historiées : le Festin de Balthazar, Pharaon et les sages Femmes, l’Ascension, trois anges, Homme et Démon dans les feuillages et Saint Georges à cheval transperçant le Dragon. Au fond de la salle, il y trois chapiteaux de colonnettes, plus petits et sculptés en ronde-bosse : les Animaux affrontés, la Résurrection de Lazare et des Personnages dans les feuillages. Enfin, à gauche dans la salle, il y a encore quelques chapiteaux à feuillages provenant du narthex.

 

Salle de la Madeleine, chapiteaux des tribunes du narthex :
Combat des anges et des démons
Combat des anges et des démons
Sujet inconnue
Sujet inconnue
Le Festin de Balthazar
Pharaon et les sages femmes
Ascension
Homme et Démon dans les feuillages
Saint Georges transperçant le Dragon
Animaux affrontés
Résurrection de Lazare
Personnages dans les feuillages

 

Contre le mur de fond de la salle sont réunies un grand nombre de sculptures de la façade occidentale de la basilique, sévèrement restaurée à partir de 1845. Les chapiteaux romans des portails de la façade sont très mutilés : des lions mangeant du raisin, la Délivrance de Saint Pierre, l’Annonciation couronnée, les colombes et des décors végétaux (portail central) ; un ange donne à Loth l’ordre de quitter Sodome (portail sud) et une centauresse tirant à l’arc (portail nord). En outre, il y a le chapiteau du trumeau du portail avec cinq modelages de sculptures, des fragments d'archivoltes, trois statues du 13e siècle et des culots gothiques.

 

Salle de la Madeleine, sculptures de la façade :
 
L’Annonciation couronné
Colombes
Une centauresse tirant à l’arc
 
 
Un ange donne à Loth l’ordre de quitter Sodome
Chapiteau du trumeau
Statues de la façade
 

 

 

 

A voir aussi à Vézelay :

 

 

 

La Cure et la colline de Vézelay

 

 

Visite

La basilique se visite toute l'année de l’aube au crépuscule. En été, la CASA propose des visites guidées de la basilique.
Le Musée de l'Oeuvre se visite de Pâques à la Toussaint les week-end et jours fériés et en juillet et août tous les jours de 14h à 18h.

Pour en savoir plus sur Vézelay, vous pouvez visiter les sites internet suivants :

Site de la basilique : http://vezelay.cef.fr/.
Site de l’Office de Tourisme : http://www.vezelaytourisme.com/.
Site de la commune : http://www.vezelay.fr/.
Site informatif de la ville : http://www.ville-vezelay.com/.
Site Maison du Visiteur : http://www.vezelay-visiteur.com/.
Site Vézelay photo : http://www.vezelay-photo.com/.
Site Amis des Vézelay : http://www.lesamisdevezelay.fr/.
Page anglais avec photos et description : http://www.medart.pitt.edu/menufrance/vezelay/vezintro.html.
Page anglais avec photos : http://images.library.pitt.edu/v/vezelay/.
Page art-roman.net : http://www.art-roman.net/vezelay/vezelay.htm.
Page lieux sacrés : http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/vezelay__89_yonne_/index.html.
Page architecture religieuse : http://architecture.relig.free.fr/vezelay.htm.
Page structurae : http://structurae.info/ouvrages/basilique-de-la-madeleine.
Page archinform (allemand) : http://eng.archinform.net/projekte/5411.htm.
Page anglais : http://titan.iwu.edu/%7Ecallahan/vezelay-panorama-e.html.
Page wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Sainte-Marie-Madeleine_de_V%C3%A9zelay.
Série de photos sur romanes.com : http://www.romanes.com/Vezelay/.

Vous pouvez également consulter l'un des nombreux livres écrits sur Vézelay :

- Adhémar J., Vézelay, 1959.
- Alban E., Les caves de Vézelay, Paris, Université de Paris IV, 1954.
- Angheben M., Les Chapiteaux Romans de la Bourgogne.
- Angheben M., Le combat du guerrier contre un animal fantastique: á propos de trois chapiteaux de Vézelay, Bulletin monumental, 1994.
- Arms J.T., Basilica of the Madeleine, Vézelay, 1929.
- Bataille A. et al., Vézelay, Haut lieu de Lumières, Dijon, 1998.
- Baussan C., La Basilique de Vézelay, Paris.
- Bécet M., Vézelay.
- Calmette J. et david H., Les grandes heures de Vézelay, Paris, 1951.
- Claudel P., Vézelay, Paris, 1950.
- Druon M., Vézelay, colline éternelle.
- Erlande-Brandenburg A., Vézelay, Paris, 2002.
- Feldman J.S., The Narthex portal of Vézelay: Art and the monastic self image, Texas, 1988.
- Forsyth I., The Ganymede capital at Vézelay, 1976.
- Frizot J., Vézelay, 2002.
- Gréal J., La basilique de Vézelay, Guide et plans.
- Haasé P., Actes de la Journée d’Etude des Sous-Sols batis, Les Amis de Vézelay, 1988.
- Haasé P. et Tollard P., Vézelay et ses environs, Guide, Promenade, 1984.
- Huys-Clavel V., La Madeleine de Vézelay, cohérence du décor sculpté de la nef, 1996.
- Janet le Caisne, E.-M., Vézelay. Paris, 1963.
- Jean-Nesmy C., Vézelay, Zodiaque, 1970.
- Katzenellenbogen A., The central tympanum at Vézelay, Its encyclopedic meaning and its relation to the first crusade, 1944.
- Martin N.L., Précis historique et anecdotique sur l’ancienne abbaye de Vézelay et les alentours, Auxerre, 1832.
- Miehoff F., La sculpture oubliée de Vézelay, Zeitschrift für Kunstgeschichte, 1989.
- Moreau A., Vézelay, Nouvelles Editions Latines.
- Morel M., Vézelay, Paris, 1946.
- Murphey K., Memory and Modernity: Viollet-le-Duc at Vézelay, The Pennsylvania State University Press, 2000.
- Oursel R., Bourgogne Romane, Zodiaque, 1968.
- Oursel R., Lumières de Vézelay, Zodiaque, 1993.
- Porée C., L’Abbaye de Vézelay, Paris, 1920.
- Poulene J. et B., Le tympan de Vézelay.
- Pujo B., Histoire de Vézelay.
- Rouchon-Mouilleron V., Vézelay, Livre de Pierre, Paris, 1997.
- Roy J., Vézelay ou l’Amour Fou, 1990.
- Roy J., Vézelay, a sentimental guide.
- Salet F., Cluny et Vézelay, l'oeuvre des sculpteurs, Paris, Société Française d'Archéologie, 1995.
- Salet F., La Madeleine de Vézelay, Melun, 1948.
- Saulnier L. et Stratford N., La sculpture oubliée de Vézelay, Catalogue du Musée Lapidaire, Genéve, 1984.
- Taylor M., The Pentecost at Vézelay, 1980.
- Turgot A., Histoire de la Ville et de l'Abbaye de Vézelay, 1826.
- Vogade F., Vézelay.
- Vorreux D., Vézelay, 1992.
- Editions Flohic, Le Patrimoine de la Basilique de Vézelay, 1999.


 

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